Peuleux | Le monde de Spirou et Fantasio

 ENTRETIEN AVEC... NICOLAS PETIT / MFM RADIO | 09/02/2015

Animateur de la matinale de MFM Radio depuis la rentrée 2013, Nicolas Petit est aussi directeur d'antenne de la station depuis septembre 2014. Souriant, passionné et plein d'ambitions pour sa radio… Portrait et entretien avec un homme à double casquette…

Nicolas Petit est né en Auvergne "dans une clinique à Brioude". Mais très vite, ses parents déménagent en Bourgogne avant de rejoindre la Provence. Il passe une partie de son adolescence du côté de Saint-Rémy-de-Provence, "pays de Pagnol !". Comme beaucoup de sa génération, l'envie de faire de la radio lui est venue en écoutant Difool et Le Doc ou Maurice avec son "Allô qui va là je te prie" sur Skyrock. Mais c'est surtout Max dans "Max radio libre" qui lui "a vraiment donné envie de manger du micro". Plus petit, Nicolas rêvait de faire de la télévision avec pour modèles Michel Drucker ou Patrick Sabatier. "Je prenais un manche à balai que je devisais pour faire un micro. L'univers radio-télé m'a toujours un peu poursuivi !"

Nicolas Petit démarre sa carrière radiophonique à NRJ Charleville-Mézières où il officie pendant 9 mois. Ensuite, il rejoint NRJ Lyon et NRJ Côte-d'Azur avant de rallier NRJ Marseille qui changeait son programme local. "Au bout de 2 ans, j'ai eu envie d'aller fricoter avec les grands et je suis arrivé dans le panier de crabes de NRJ à Paris". Au bout d'un an, Nicolas Petit part à la Maison de la Radio où il assurait les week-ends (notamment la matinale) sur France Bleu.

 

J'avais envie de voler de mes propres ailes, l'envie de créer, l'envie de manager

 

En 2007, alors que la technique du voice track (pour en savoir plus sur le voice track cliquez ici) commence à prendre sérieusement son envol en France, Nicolas Petit fonde sa société, OnAirProd. "J'avais l'impression d'avoir fait le tour des radios où j'étais et j'avais envie de voler de mes propres ailes, l'envie de créer, l'envie de manager. C'est une société qui s'est développée très très vite avec beaucoup de radios clientes en France et à l'étranger. Nous n'étions pas beaucoup sur le marché." Toutefois, en septembre 2014, OnAirProd a fusionné avec VT Consult et Nicolas Petit n'y a gardé qu'une participation "dans le domaine administratif".

Peuleux : Que réponds-tu aux détracteurs du voice track qui disent que ce n'est pas de la radio ?

Nicolas Petit : Le voice track, c'est de la radio. Le seul souci est qu'il y a beaucoup d'animateurs qui font ça en le vendant 4 ou 5 euros de l'heure ce qui décrédibilise totalement le voice track et casse le marché. Ils cassent aussi le métier pour certains animateurs qui veulent faire de la radio. Pour que ça soit bien fait, le voice track doit être vendu entre 8 et 10 euros de l'heure. Il faut aussi y passer du temps et ne pas faire du voice track à la pelle comme font certaines sociétés dont je tairai les noms. Faire 20 radios à la chaîne, où est le plaisir ? Moi je faisais 3 radios et après je faisais travailler d'autres animateurs.

 

Je suis très bien à Espace Group

 

En 2013, Nicolas Petit, qui revenait sur Lyon, approche Espace Group souhaitant intégrer MFM Radio qui cherchait un animateur pour sa matinale. Nicolas Petit est donc le coanimateur du "Réveil malin", la matinale de MFM Radio, et "le chef d'orchestre de deux loustics : Audrey Chauveau et Laurent Argelier (rires)". Mais depuis la rentrée 2014, Nicolas Petit endosse "une double casquette" puisqu'à côté de ça il est aussi directeur d'antenne de la station. "Et je suis très bien à Espace Group".

Devenir directeur d'antenne de MFM Radio, "c'est un souhait que j'avais formulé auprès de Christophe Mahé, le PDG d'Espace Group. Christophe avait ce souhait là aussi". Nicolas Petit a accepté d'autant plus facilement que les challenges que MFM Radio souhaite relever, l'intéressent. En effet, Christophe Mahé et Julien Fregonara, directeur général de MFM Radio, ont décidé de faire de MFM Radio une tête de réseau à Paris. Depuis son déménagement à Lyon (suite à son rachat par Espace Group), c'était devenu compliqué pour MFM Radio de recruter des têtes d'affiche comme Bernard Montiel ou Evelyne Adam sur des quotidiennes. Déménager à Paris va aussi permettre de travailler de façon plus pertinente avec les maisons de disques, avec des artistes qui pourront venir en studio plus régulièrement.

Depuis la rentrée, c'est donc l'ensemble de la radio qui a déménagé de Lyon à Paris, pas seulement la matinale : "Tous les animateurs sont à Paris. Il reste des programmes locaux à Lyon et Marseille et prochainement à Paris. On travaille dans une bonne ambiance, il y a une bonne sauce entre nous. Pour avoir déjà travaillé ailleurs, ici c'est comme une famille. Il n'y a vraiment pas de gens qui se prennent pour des stars. Chacun est au même rang et est passionné".

 

Audrey Chauveau avait quelque chose en plus dont la joie de vivre

 

Peuleux : Le changement de coanimatrice à la rentrée 2014 est-il du à un choix éditorial ou est-ce une conséquence collatérale du déménagement à Paris ?

Nicolas Petit : Ombeline est restée à Lyon pour des raisons familiales. Nous avons donc recruté Audrey Chauveau avec joie. Lorsque nous avons fait les tests, nous l'avons tout de suite sentie à l'aise. Elle avait quelque chose en plus dont la joie de vivre. Elle est agréable au quotidien et professionnelle. Elle est habituée à faire de la télé (France télévisions, Gulli). En plus, Audrey avait le souhait d'intégrer l'univers radio.

Peuleux : MFM Radio est-t-elle allée chercher Audrey Chauveau ou Audrey Chauveau est-t-elle venue chercher MFM Radio ?

Nicolas Petit : Audrey cherchait à travailler en radio et nous avons une connaissance commune qui m'avait glissé son nom. On s'était rencontrés il y a deux ans au Festival de Cannes, ça c'est fait naturellement.

Audrey Chauveau : Je n'avais jamais fait de radio mais j'ai fait des voix pour la télé depuis des années : je faisais des voix pour W9, les voix off de la météo sur M6 et W9. J'ai aussi présenté "l'Eurovision" pendant 4 ans ce qui est un vrai travail de radio puisqu'on ne nous voit pas à l'antenne. J'ai fait des doublages de voix. En fait, j'ai fait un travail de radio à la télé et aujourd'hui je suis ravie de faire de la radio à la radio. J'en avais envie !  =>vérifier sur la page d'Audrey s'il n'y a pas eu de changements de "texte".

Nicolas Petit : Les codes sont différents entre la télé et la radio mais Audrey maîtrise.

Audrey : En termes de mécanique, c'est la même chose : on a un conducteur à suivre. En termes de codes, je n'étais pas perdue. En radio, on est un peu plus libre qu'en télé, le corps joue différemment…

Nicolas : Oui, on n'est pas obligé de se maquiller le matin !

 

Audiences : sur l'ensemble, nous sommes satisfaits

 

Pour ce qui est de l'audience, MFM Radio tourne autour du point d'audience cumulée. Nicolas Petit s'est fixé des objectifs personnels (qu'il ne donne pas) et, bien sûr, la direction lui en a fixé aussi. "Nous avons des objectifs que nous souhaitons atteindre rapidement mais qui sont un peu longs à venir." Ces dernier mois, MFM Radio a fait beaucoup de changement au niveau de la grille mais aussi de la programmation musicale. Côté musique, "nous avons rentré plus de 60 titres qui n'étaient plus diffusés sur MFM Radio et nous en rentrons encore chaque semaine : Ophélie Winter, MC Solaar, Serge Gainsbourg… Nous réajustons avec comme souhait en fin de saison d'avoir gagné des points au niveau de Médiamétrie. Mais c'est compliqué car il y a plein de paramètres qui rentrent en jeu. Et notamment au niveau de Médiamétrie, nous sommes dans la marge d'erreur. Nous voyons que ça commence à bien réagir. Le soir, Evelyne Adam est à plus de 140 % de progression. Sur le matin, nous sommes en progression avec 350 000 auditeurs. Sur l'ensemble, nous sommes satisfaits. Nous sommes plutôt bien par rapport à d'autres saisons".

Audrey Chauveau : Et après tous ces réajustements, c'est plutôt pas mal !

Laurent Argelier : Sans oublier le nombre de fréquences : tu ne peux pas faire 3 points avec 100 fréquences !

 

Bernard Montiel est en empathie avec le public

 

Peuleux : Pourquoi Bernard Montiel est-il passé d'une interview le samedi à une tranche en  semaine ? => je n'ai jamais sû si c'était est t'il ou est-il... ?

Bernard Montiel (qui est arrivé dans le studio pour son émission qui débute à 10h00) : Parce qu'il est excellent !

Nicolas Petit : Parce qu'il est excellent et que Bernard est en empathie avec le public. C'est une personnalité que nous avions à l'antenne le samedi et nous avions une demande pour le retrouver plus régulièrement à l'antenne. Bernard nous accompagne depuis plusieurs saisons, c'est un nom, c'est une personnalité et c'est un professionnel de la télé et de la radio. Il était évident que Bernard soit au quotidien avec un jeu de culture générale et plein de cadeaux, qu'il soit au contact du public, essentiellement féminin. Il est très proche de son public !

Bernard Montiel : C'est vrai, je roule des pelles à tout le monde ! (rires)

Notons d'ailleurs au passage, que sans se concerter, MFM Radio et RFM ont mis en place des stratégies proches pour leurs matinées : un animateur connu avec des jeux en plus de la musique. Ainsi sur RFM, on retrouve Albert Spano, voix mythique de la bande FM, de 9h00 à 13h00… Même si sur cette tranche RFM est beaucoup plus musicale que celle de Bernard Montiel.

 

Evelyne Adam est à plus de 140 % de progression

 

Depuis la rentrée 2014, MFM Radio accueille Evelyne Adam qui discute avec les auditeurs chaque soir de 20h00 à 23h00. Une tranche en progression de 140% par rapport à la tranche musicale proposée à la même heure la saison précédente.

Peuleux : Comment s'est passé le recrutement d'Evelyne Adam ?

Nicolas Petit : Evelyne venait d'être gentiment remerciée par France Bleu. On a tout de suite pensé à elle mais en se disant que ce serait peut-être compliqué de la faire venir : soit elle avait déjà reçu plein de propositions d'autres radios, soit elle était déçue de la radio au point de vouloir arrêter. Au contraire, elle a été très touchée de notre proposition et a tout de suite voulu rejoindre "le micro rouge" qu'elle avait déjà fréquenté il y a longtemps. Depuis son arrivée, non seulement les auditeurs sont très heureux de la retrouver pour ceux qui l'écoutaient sur France Bleu (découvrant ainsi une nouvelle radio) mais, en plus, Evelyne est très heureuse d'être là. Et nous sommes heureux qu'elle soit là. Le soir, il se passe véritablement quelque chose à la radio, notamment pour un public adulte qui a envie d'autres choses que des libre-antennes destinées aux très jeunes ou que des émissions diffusées très tard.

Peuleux : MFM Radio a-t-elle d'autres recrutements notables en vue ? MFM Radio va-t-elle aller piocher dans le paysage télévisuel français comme RTL ?

Nicolas Petit : Il y a des noms, il y a des personnes connues que l'on voit régulièrement. Il n'est pas impossible qu'il y ait des surprises pour la saison prochaine. Nous sommes dans des phases d'approche… La radio vit par rapport à ce qui se passe à l'antenne mais aussi par rapport à ce qui se passe autour d'elle. Quand les gens viennent nous voir pour travailler sur MFM Radio, c'est que le produit les intéresse. Ce qui est pour nous une valeur ajoutée et une marque de confiance.

En janvier 2015, la grille des programmes du week-end a été modifiée. Nicolas Petit justifie ces modifications par le départ annoncé d'animateurs présents depuis longtemps et la volonté de la radio d'apporter une touche féminine avec Esthelle Mangin. "Nous avons voulu redynamiser certaines choses, nous avons donc tout fait en même temps pour le week-end".

 

16 webradios, 2 concerts "MFM Radio live" à venir

 

MFM Radio c'est aussi 16 webradios, un axe important du développement de la station. "C'est important parce lorsqu'on écoute une webradio, on reste collé à l'image de marque de la radio originelle. On retrouve l'univers de MFM Radio mais sur un segment précis. Ça reste du marketing dans tous les cas tout en offrant aux auditeurs la possibilité de se faire plaisir avec une cible particulière de chansons".

Côté événementiel, la radio proposera dans les prochains mois deux nouveaux concerts "MFM Radio live" avec de grands artistes de la chanson française dont les noms restent, pour l'heure, confidentiels. "Je peux juste dire qu'il y a deux gros évènements qui arrivent avec des grosses têtes d'affiche de la chanson française qui ont vendu des millions d'albums !"

 



LE 8 A LA SUITE D'HISTOIRE(S) RADIOPHONIQUE(S)

 

Les voix ou les émissions de radio qui ont marqué son enfance ?

Doc et Difool sur Fun radio, Max, Georges Beller sur Nostalgie, Lucien Jeunesse sur France Inter, Laurent Ruquier et Laurent Gerra dans "Rien à cirer" sur France Inter, Jean-Luc Hees avec sa grosse voix qui m'a beaucoup marqué quand il présentait les informations sur France Inter.

 

La plus belle rencontre radiophonique ?

Bernard Montiel : Bernard Montiel !

Audrey Chauveau : Ce n'est pas moi ?

Nicolas : Oui, Bernard Montiel, Audrey Chauveau, Laurent Argelier, Evelyne Adam ! Corporate !! J'ai fait plein de belles rencontres. Julien Fregonara et Christophe Mahé, ce sont des belles rencontres. Roberto Ciurleo, Fabrice Gauthier, Laurent Pasquier, Jean-Christophe Groosens… Mais aussi des animateurs avec qui j'ai encore des contacts ! J'oubliais mon Philippe Tessier qui m'a permis de rentrer, de m'ouvrir certaines portes.

 

La pire rencontre radiophonique ?

Bernard Montiel : Bernard Montiel !

Nicolas : Je n'ai pas de pire rencontre.

Audrey : Ça viendra !

Bernard Montiel : Attends la fin de la saison !

Nicolas : Il faut savoir qu'en radio, il faut être bien avec tout le monde car on se re croise toujours.

 

Le plus beau souvenir en radio ?

La première fois où j'ai pris le micro. C'était sur NRJ à Clermont-Ferrand.

 

Le pire souvenir en radio?

Audrey : Alain Souchi !

Nicolas : Oui (rires), dire Alain Souchi au lieu de Alain Souchon et Laurent Voulzy ! Là dernièrement, c'était le lendemain des attentats où il fallait être à l'antenne. Certains ont décidé de ne pas le faire – c'est un choix - mais la vie continue et nous avons décidé d'être là en retenue sans être dans l'ambiance. C'était compliqué car pendant 4 jours, il y a eu une ambiance particulière. On n'avait pas envie de rire mais il fallait accompagner les gens.

 

Quand tu n'es pas à la radio, écoutes-tu la radio ?

J'écoute MFM Radio mais au-delà, j'écoute moins les autres radios musicales. J'écoute plus les généralistes où ça parle.

 

Quand tu sors de la radio, que fais-tu ?

C'est une autre vie qui commence, je me déguise et je vais chez Michou (rires) ! Je sors, je vois des amis, je m'intéresse à ce qui se passe autour de moi. Je ne suis pas forcément intégré dans le milieu des médias et j'ai besoin d'avoir des gens qui sont en dehors du milieu de la radio. C'est prendre du bon temps et s'amuser.

 

Et dans 5 ans ?

Je serais peut être marié avec Audrey ! Peut être encore sur MFM Radio au sommet des audiences avec de belles performances !

Peuleux : Ton rêve le plus fou pour MFM Radio ?

Nicolas : Nous aimerions bien faire un concert privé avec Johnny Hallyday. Notre image intéresse, tous les artistes savent que nous défendons la chanson française. Un jour ça arrivera… Johnny, si vous nous entendez, on y croit ! C'est pour les auditeurs, c'est pour toi public !

Remerciements : Merci à Nicolas Petit pour son accueil, son sourire et son humour. Je tiens à saluer son sens de l'anticipation : vous lui posez une question, il y répond puis répond (sans le savoir) aussi aux 3 autres qui suivent sur votre feuille… voir à celles prévues pour ses petits camarades ! | Crédits photos : MFM Radio, Peuleux

 

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Dans les coulisses du...
"Réveil mâlin"

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Entretien avec...
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dernière mise à jour de cette fiche le 20/02/2015


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