Peuleux | Le monde de Spirou et Fantasio

 ENTRETIEN AVEC... PIERRE BOUCARD / SUN | 23/03/2016

Alors qu'il est collégien, Pierre Boucard lance les prémices de Sun. Rencontre avec celui qui est aujourd'hui le directeur de l'une des radios françaises technologiquement les plus innovantes et la radio associative la plus écoutée de Nantes. Il parle de sa radio, il parle de la Radio, il parle d'un monde où l'humain passe avant les chiffres.

Pierre Boucard, né en pays nantais, découvre la radio grâce à un poste offert par ses parents qui "n'étaient pas du tout radio". Dans la cour de récréation du collège, entouré de ses copains, il commence à imaginer sa radio et trouve le nom de Sun. Vers 14-15 ans, il lance une radio pirate avec du matériel de récupération depuis le grenier familial. Ses copains viennent chez lui animer des émissions complètement irrégulières au début puis plus régulières le samedi après-midi, le soir après les cours et pendant les vacances scolaires.

Dans la première moitié des années 1990, toute une réflexion mûrit pour faire de la radio dans les règles et non plus en pirate. Cela aboutit à la constitution de l'association Sun FM en 1995 et à la première autorisation temporaire (6 mois) délivrée par le CSA en 1996. Après cette période de test avec une diffusion 24 heures sur 24, Sun FM enchaine les autorisations temporaires.

En 2001, après 3 ans de silence et de procédures administratives, Sun FM obtient une autorisation définitive mais pour une demi-fréquence. Puis en 2004, Sun obtient une fréquence pleine et peut diffuser en continue.

Pendant cette aventure, Pierre Boucard suit une formation à l'IUT de Nantes en en génie électrique et informatique industrielle. Après avoir obtenu sa maitrise, il part travailler pour une société industrielle en Vendée. Mais vers 2003-2004, la radio lui prenant beaucoup de temps, il décide de faire de sa passion son activité professionnelle. Il se consacre exclusivement à Sun qui vient d'obtenir une fréquence pleine pour diffuser en continu. 

Le Son Unique à Nantes, diversité et éclectisme mais abordable…

En se lançant dans la radio, Pierre Boucard voulait communiquer, partager avec les auditeurs, faire découvrir de la musique et avoir une empreinte locale importante. La radio associative lui apparaît comme plus ouverte aux passionnés alors que la radio professionnelle lui semble un sérail plus fermé : "J'ai un regard sur la radio admiratif par rapport aux contenus et un peu critique du fait de l'effacement de ce côté artisanal, qui plus est avec l'apparition des grands réseaux".

Initialement, le nom de la radio devait exprimer la gaîté. Le premier logo était un soleil et des palmiers. Au début Sun était très tournée vers les musiques des années 1980 qui ne se faisaient plus en radio.

A partir de 2001, Sun rime avec "Son Unique à Nantes" ce qui résume le projet de la radio et la distingue de Fun Radio qui n'était pas présente en Loire-Atlantique à la naissance de Sun. A travers ce "Son Unique à Nantes", l'équipe a voulu annoncer une couleur musicale spécifique et une manière spécifique de faire de la radio. Pour coller à sa nouvelle orientation, la radio s'ouvre progressivement aux nouveautés et à la production locale.

Même si les lignes ont évolué depuis sa création, Sun a réussi à garder son concept de départ avec des programmes et musiques accessibles à tous et des choses plus pointues que l'auditeur n'entend pas ailleurs.

La diversité et l'éclectisme de Sun s'expriment essentiellement à travers sa playlist : plus de 200 000 titres avec 10 à 15 titres nouveaux rentrés chaque semaine "et cela sans rien s'interdire". La radio diffuse du jazz, du rock, du funk, des années 80, de l'électro, des talents français…

Pierre Boucard : "Si un auditeur nous contacte en nous recommandant un titre, nous pouvons l'ajouter dans le quart d'heure s'il nous convient. Cela augmente le partage entre le média et les auditeurs, c'est une spécificité des radios associatives". 

Une équipe de salariés restreinte et beaucoup de bénévoles 

Radio associative, Sun compte six salariés, six volontaires civiques et de 60 à 80 bénévoles. Les bénévoles travaillent à tous les niveaux dans la radio : animateurs, chroniqueurs, techniciens audio, techniciens vidéo, développeurs… sans compter ceux qui participent aux opérations de communication ou viennent enrichir la rédaction avec leurs spécialités.

Parmi les salariés, il y a un directeur (Pierre Boucard), deux techniciens qui travaillent aussi sur la recherche et développement, deux animateurs (un pour la matinale et un pour le drive) et une personne pour la communication et les partenariats.

Côté ressources humaines, Pierre Boucard montre une vraie volonté d'accompagner ses collaborateurs dans leur projet professionnel dès lors que cela apporte quelque chose à la structure. Ainsi plusieurs salariés actuels ont débuté comme bénévoles, passant parfois par le statut de volontaires civiques. Pierre cite en exemple Clémence de Sagazan qui assure les flashes d'information sur la matinale : arrivée comme volontaire civique avec la volonté de se forger une expérience en radio, Sun l'accompagnera jusqu'à la fin de la saison en lui proposant un CDD.

Pierre Boucard : "L'idée est de donner toutes les chances aux personnes qui passent par Sun pour qu'elles puissent avoir un bon bagage si elles souhaitent exercer ailleurs par la suite". 

Quand bénévoles riment avec partage, richesse et diversité 

Peuleux : Qu'est-ce que les bénévoles apportent à la radio ?

Pierre Boucard : Ils apportent autant qu'on leur donne, c'est un partage. Les bénévoles viennent d'univers très différents avec la volonté d'apporter quelque chose au projet. La radio leur apporte les moyens de s'exprimer et d'être accompagnés. Sun peut accueillir des personnes confirmées ou amateurs tout en assurant une vraie liberté. Mais il faut aussi veiller à une certaine qualité de l'antenne. Il doit y avoir une vraie confiance entre nous et les bénévoles qui apportent leurs projets au projet global de la radio.

La radio peut aussi permettre aux bénévoles d'apprendre à rédiger un article, à savoir poser des questions, à monter un reportage, à utiliser les matériels… il y a aussi des personnes confirmées dans l'équipe qui viennent pour garder le contact avec le média radio et ses évolutions tout en nous apportant leur savoir-faire. Ainsi Sun accompagne ses bénévoles avec des formations internes. De plus, régulièrement, souvent en fin de saison, la direction de Sun interroge ses bénévoles sur leur projet : Est-il toujours pertinent à l'antenne ? Qu'est-ce que cela apporte au dit bénévole ? Faut-il l'adapter ou la modifier ? De cette relation humaine nait une vraie richesse et une vraie diversité. 

Un budget restreint et une certaine indépendance financière... 

Côté fiances, Sun a un budget annuel autour de 170 000 à 180 000 euros. Ses ressources sont diverses :

- Le FSER (Fonds de soutien à l'expression radiophonique) qui est sa principale source de financement ;

- Les collectivités locales (Conseil régional des Pays de la Loire, Conseil départementale de Loire-Atlantique, Ville de Nantes…) ;

- La publicité qui ne représente que 5 000 à 10 000 euros de recettes annuelles ;

- Le mécénat avec des entreprises ;

- Les cotisations des bénévoles (40 euros par an).

Par ailleurs, capitalisant sur son savoir-faire technologique, la radio opère des prestations pour d'autres radios : traitement de données, accompagnement à la création d'application, automate de diffusion, vidéo en studio, RNT… Sun est ainsi un véritable petit centre de formation pour des radios de la France entière. 

Peuleux : Pourquoi ne pas être passé en statut entrepreneurial ?

Pierre Boucard : J'ai vu beaucoup d'exemples de radios associatives basculer en commerciales et voir leur projet complètement se dénaturer dans un but financier et économique. J'ai des valeurs et une éthique qui font que j'ai du respect pour les auditeurs et, pour moi, le projet a du sens quand l'humain prévaut sur le reste. L'association est garante d'un fonctionnement équilibré et ouvert ce qui n'est pas le cas d'une entreprise privée qui va faire des choix à travers une équipe restreinte, sans recours à de nombreux bénévoles.  

Allier humain et technologies 

Outre l'aspect radio associative locale à la programmation musicale spécifique, Sun cultive donc les aspects technologiques en étant depuis (presque) toujours à la pointe dans ce domaine.

Pierre Boucard : Nous imaginons que la radio sera complétement bouleversée dans les années à venir et nous préparons ces bouleversements à travers les évolutions technologiques que nous avons à notre disposition. C'est comme un jeu de construction : nous avons des briques à disposition, nous les testons, certaines briques marchent, d'autres non.

Bien que féru de technologie, Pierre Boucard regrette que l'informatique puisse servir à tromper les auditeurs (programmes enregistrés, voice-track…) alors qu'elle peut élargir les champs d'action de la radio et lui apporter plus de diversité. A travers Sun, il a voulu corriger cela en alliant humain et technologies. "Voir venir les gens avec leurs vinyles sous le bras, je trouvais cela plutôt sympa"

L'une des premières technologies notables mise en œuvre par Sun a été le PS défilant (qui permet de faire défiler sur la radio le titre de la chanson diffusée par exemple). En 2007, Sun a été la première radio en France avec Radio Classique à l'utiliser ! 

Peuleux : Aujourd'hui, Sun diffuse en live vidéo sur Dailymotion, propose des podcast vidéo et a même lancé MySun, une application révolutionnaire. Ce sont des outils exceptionnels pour une radio locale !

Pierre Boucard : Aujourd'hui, la vidéo est une composante essentielle de la radio : pour une même chronique, nous avons plus de vues sur le podcast s'il est en vidéo que s'il est simplement en audio. L'une n'est pas mieux que l'autre, elles sont complémentaires et permettent de s'adapter aux évolutions du public. La vidéo est aussi un bon support pour nos invités et nos archives. Mais le son reste notre priorité. 

Lancée en 2014 après un développement en interne, MySun est une application innovante qui offre la possibilité aux auditeurs d'influencer directement la programmation musicale en plus des fonctionnalités classiques d'une application radio. Et outre le développement d'un service de radio à la demande, Sun entend développer des aspects communautaires autour de ce projet. Pour l'instant, l'application protégée par un brevet n'a pas été revendue à d'autres radios, Sun poursuit ses tests et les évolutions… et avance avec prudence.

(Voir notre dossier spécial sur MySun grâce au lien en bas de page). 

La radio, c'est la gratuité donc l'hertzien… 

Autre technologie sur laquelle Sun a pris de l'avance : la RNT (radio numérique terrestre). Si la fréquence de Nantes (en 2006) était plutôt un acte militant envers l'avenir de la radio, la fréquence de Saint-Nazaire (2012) est plus pragmatique. En effet, aujourd'hui, face à la pénurie de fréquences FM, la RNT s'annonce comme le seul moyen d'étendre sa zone de couverture pour une radio.

Pour Pierre Boucard, face au manque de fréquences, il n'y a que deux solutions : la RNT ou Internet. Si Sun est présente sur Internet avec son site web et son application maison, elle est aussi reprise par des sites de diffusion en ligne. Ce dernier aspect inspire la méfiance à une radio qui fait tout pour rester indépendante aussi bien technologiquement que du point de vue éditorial et financier. Les accès payants, les cookies ou les forfaits data des smartphones mangés par la publicité [NDLR : selon une récente étude 70 % des consommations data des smartphones sont consommés par les diffusions de publicités] semblent bien inutiles quand la RNT est gratuite, anonyme et facilement accessible "avec un simple bouton à tourner"

Pierre Boucard : Aujourd'hui, même si l'un ne va plus sans l'autre, la radio c'est la gratuité donc l'hertzien. 

Sun veut suivre les auditeurs et mise sur la notion de territoire… 

Après Nantes, son berceau natal, Sun a ouvert une fréquence RNT à Saint-Nazaire et vient d'obtenir une fréquence FM à Cholet.

Peuleux : Pourquoi une fréquence à Cholet donc en dehors des limites de la Loire-Atlantique ?

Pierre Boucard : Et Sun ne va pas s'arrêter là et souhaite poursuivre son extension vers la Roche-sur-Yon, Chateaubriand et Ancenis afin de suivre ses auditeurs. La radio se consomme beaucoup en voiture, les grands axes routiers sont donc stratégiques pour les radios locales. Sun veut donc couvrir les grandes zones urbaines entourant la métropole nantaise pour pouvoir garantir aux auditeurs une continuité dans leurs déplacements personnels ou professionnels. Même si les auditeurs peuvent nous écouter via Internet ou l'application, il faut leur faciliter l'écoute par une présence sur les ondes en FM ou RNT.

La fréquence à Cholet est un développement cohérent avec ce que le projet territorial de Sun. Ainsi, l'objectif est d'impliquer des bénévoles sur Cholet au travers de décrochages locaux.

Pierre Boucard : Notre patte va être d'apporter du local à Cholet car il n'y a pas de radio locale sur ce territoire et une offre radio assez pauvre.

Peuleux : Du coup, le son unique à Nantes va perdre une partie de son sens !

Pierre Boucard : Oui, c'est pour cela que progressivement le Son Unique à Nantes devient le Son UNique. Une évolution qui n'impact ni le nom même de la radio, ni l'adresse du site qui ne font pas mention de Nantes. 

Le système de sondage Médiamétrie "inadapté et vieillot" 

Aujourd'hui, Sun est l'une des plus écoutées sur Nantes avec 13 000 auditeurs jour d'après les sondages Médialocales. Bien qu'il trouve le système de sondage Médiamétrie "inadapté et vieillot" notamment pour les radios associatives, Pierre Boucard y jette toute de même un œil. Mais pour une radio comme Sun, les sondages d'audiences de Médiamétrie n'ont pas d'impact sur le mode de fonctionnement de la radio et ne sont pas ses indicateurs les plus intéressants.

En effet, si les radios commerciales se basent sur leurs audiences pour fixer les tarifs publicitaires, Sun n'en tient pas compte. D'une part, statutairement la radio ne peut pas tirer plus de 20% de ses recettes de la publicité, et d'autre part, les annonceurs qui viennent sur Sun se basent plus sur le partenariat et la notion de proximité.

Pour Pierre Boucard, des indicateurs comme le nombre de connectés au flux en streaming, le nombre d'appels reçus au standard pour les jeux ou donner des informations trafics ou le nombre de participations sur MySun sont plus parlants.

Je vais donc de l'éditorial au musical, du technique au stratégique… 

En plus d'être le créateur de Sun, Pierre Boucard en est le directeur, un travail qui sur une radio locale associative s'avère plus que multifacettes.

Peuleux : En quoi consiste au quotidien ton travail de directeur de Sun ?

Pierre Boucard : C'est un travail très large : j'écoute la radio de manière très très régulière (rires), d'être à l'écoute de l'équipe (des bénévoles comme des salariés), d'apporter du conseil et d'accompagner, de faire des choix sur les programmes, être dans l'accompagnement technique, je suis aussi engagé sur la partie partenariats, les fiances, la stratégie globale du projet, être attentif à la programmation musicale d'autant que j'aime beaucoup la musique. Je vais donc de l'éditorial au musical, du technique au stratégique… tout en gardant cette passion pour la radio.

Pierre Boucard avoue avoir reçu des propositions pour travailler sur des radios privées. Toutefois, il explique ne pas avoir donné suite par manque d'intérêt, "il n'y avait pas de garantie de pouvoir m'épanouir en continuant à faire ce que j'avais envie".

Peuleux : Quel regard porte le papa de Sun sur son enfant ?

Pierre Boucard : Je suis plutôt satisfait de ce qui est arrivé depuis mon grenier (sourire). Je suis rassuré de voir que ce que j'ai fait et que toute l'énergie que j'ai déployé ont porté leurs fruits.

Peuleux : Selon toi, que représente SUN dans le paysage radiophonique nantais ?

Pierre Boucard : Sun a sa place dans le paysage nantais. Si on porte un regard sans préjugés, Sun fait un travail très différent des autres radios locales. Le but est de continuer à se différencier, à rester unique sur la manière de faire de la radio, d'innover, de proposer des contenus sur différentes plateformes. Il y a encore de quoi s'amuser ! La radio continue sa révolution avec des contraintes qui vont se renforcer et une audience globale du média en baisse régulière.

Pierre Boucard se dit convaincu que la FM va continuer longtemps comme les grandes ondes existent toujours. Mais pour lui, la bonne question est de savoir combien de temps les auditeurs vont encore écouter la FM. L'autre question est aussi de savoir comment toucher les auditeurs, comment les contenus que Sun produit aient écho auprès du public et sur le territoire.

Pierre Boucard : Le territoire est aussi un enjeu pour les radios locales qui peuvent y revenir en force face aux webradios et grandes radios nationales comme dans les années 1980. C'est à nous de travailler pour que les auditeurs redécouvrent, sans préjugés, les radios locales et associatives.

Peuleux : Tu ne passes jamais derrière le micro ?

Pierre Boucard : J'en ai fait au début de Sun, aujourd'hui, je n'ai pas le temps ! Et je ne veux pas faire de l'antenne pour faire de l'antenne si derrière je n'ai pas le temps de travailler mes émissions pour assurer un niveau de qualité.

Peuleux : Sun est très impliquée dans différentes entités comme le SNRL (Syndicat national des radios livres), la FRAP (Fédération des radios associatives des Pays de la Loire) ou le GRAM… Pourquoi cette implication et souvent en première ligne ?

Pierre Boucard : Nous sommes très militants. Je n'oublie pas que si nous sommes là aujourd'hui c'est parce que des gens se sont battus pour cela il y a 35 ans. Et comme jamais rien n'est acquis, il faut continuer à défendre cet espace de liberté. Il faut savoir porter des applications au niveau local mais il faut aussi savoir les porter au niveau national. Pour cela, il faut une certaine légitimité, j'essaye modestement de l'avoir au travers des compétences technologiques développées par Sun. Et puis sans aller au niveau national, j'aime bien échanger au plan régional avec d'autres radios car les problématiques que nous avons à Nantes ne sont pas les mêmes que celles des radios en milieu rural.

Peuleux : S'il manquait une seule chose à Sun pour avancer, ce serai quoi ?

Pierre Boucard : Plus de financement pour aller plus vite. Mais pas trop non plus pour ne pas perdre notre indépendance et parce que le manque de moyens nous rend plus ingénieux. Plus on est petit, plus on est agile et souple. Mais en même temps, il faut aussi avoir des moyens pour aller plus vite et se poser moins de questions en laissant des projets dans les cartons. Je pense ici à MySun : nous avons mis presque 10 ans pour le créer entre technologies non disponibles et manque de moyens en interne. Aujourd'hui, un soutien financier un peu plus important nous permettrait d'accélérer un peu nos développements et notre notoriété car cela va de pair. Il y a des frémissements sur certains aspects que nous développons, en accélérant un petit peu, il peut y avoir un effet d'entrainement qui peut nous permettre de trouver une équilibre en termes financiers, en termes d'équipe et en termes de développement qui soit optimal. C'est ce point équilibre que l'on vise !




LE 8 A LA SUITE D'HISTOIRE(S) RADIOPHONIQUE(S)

Les voix ou les émissions de radio qui ont marqué ton enfance ?

Les voix ou les émissions de radio qui ont marqué ton enfance ?

Francis Zégut et Georges Lang. J'écoutais aussi beaucoup les radios anglaises notamment la BBC avec Steve Wright ou Virgin Radio que je captais en tournant la parabole sur le toit de mes parents. La radio anglaise m'a toujours surprise par sa créativité et sa manière d'être toujours en avance. Il y a toujours eu une grande diversité dans le paysage radiophonique anglais.

J'ai aussi écouté Marcelin sur Radio Nantes ou Alouette avant de venir un peu sur Sun. Après il y aussi eu Coluche et des voix des débuts de RFM la radio couleur.

 

La plus belle rencontre radiophonique ?

Ça serait peut-être Pierre Montel avec qui j'ai avancé pendant plusieurs années et travaillé sur plusieurs gros projets. Comme moi, il vient du monde associatif avec une éthique et un regard sur l'utilité du média sur les territoires qui sont assez communs avec ma vision des choses.

Au niveau national, je citerais Rachid Arab avec qui j'ai pu échanger et établir des liens assez forts. Quelqu'un d'attentif à la diversité et défenseur de la RNT.

 

La pire rencontre radiophonique ?

Sans objet.

 

Le plus beau souvenir en radio ?

Je crois que c'est quand nous avons eu la fréquence de Nantes en 2001. Un très beau moment après un combat long et difficile ! Mais aussi le fait de passer en fréquence pleine en 2004 et le nouveau départ que nous offre la fréquence de Cholet.

 

Le pire souvenir en radio?

Il n'y pas de mauvaises expériences dans notre histoire. Ça forge le projet. Il y a des déceptions et des coups durs mais jamais rien qui ne nous dégoutent et nous donnent envie d'arrêter. J'oublie les pires choses !

 

Quand tu n'es pas à la radio, écoutes-tu la radio ?

Oui beaucoup. J'écoute de tout. J'aime écouter, par curiosité, ce que proposent des radios comme FIP ou des webradios comme La Grosse Radio. J'écoute beaucoup BBC 6 music ou des radios américaines de manière ponctuelle. Je vais essayer de comprendre la mécanique et voir ce qui peut être fait ici. Après tout se mélange dans mon esprit pour essayer de trouver le chainon manquant qui pourrait s'intégrer dans le programme de Sun pour apporter de la nouveauté dans la continuité.

 

Quand tu sors de la radio, que fais-tu ?

Je vais chercher mes enfants à l'école et je privilégie la famille et les amis. Même si la radio occupe beaucoup mon esprit, c'est important de couper.

 

Et dans 5 ans ?

C'est l'enjeu de l'évolution et de l'avenir du média radio. La radio sera toujours la radio mais avec plein d'éléments autour qui seront toujours autant enthousiasmants, innovants et motivants. Il faut pouvoir prendre des risques en matière éditoriale, en matière musicale, en matière technologique pour construire (toute modestie à part) le média de demain en ayant un temps d'avance. Il faut voir comment apporter l'information et le meilleur contenu musical aux auditeurs pour pouvoir les satisfaire autour d'un univers en leur permettant d'interagir avec le programme.

La radio est un média qui jouit encore d'un bon crédit auprès des français. Les radios associatives qui en sont les artisans ont à cœur de préserver ce crédit alors que de nouvelles concentrations s'annoncent du côté des commerciales avec les mondes de la télévision et des télécommunications (à l'exemple de NextRadio TV qui se rapproche d'Altice). Et pour s'en sortir, elles devront innover et travailler leur manière de s'adresser aux auditeurs et leur manière de les respecter mais aussi faire en sorte que leurs équipes continuent de prendre du plaisir à faire de la radio !

 

Remerciements : Un grand merci à Pierre Boucard pour son temps et sa passion communicative | Crédits photos : Peuleux, Sun, 20 Minutes Nantes, territoires.info

 

 

Pour aller plus loin...

Entretien avec...
Laurent Delien (Sun)
       

Sun le son unique
       

MySun, l'application innovante
       

dernière mise à jour de cette fiche le 04/04/2016


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