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Au sein du Groupe M6, il existe 24 stations locales
réparties entre Fun Radio et RTL2. Kévin Ollivier et son équipe
en assurent la gestion et la coordination quotidienne. Rencontre
avec le directeur des stations locales et ancien animateur…
Cela fait quelques années que je
suis la carrière de Kévin Ollivier avec qui j'avais échangé
lorsqu'il était animateur sur RTL2. Mais cette année, j'avais
envie de mettre en lumière son travail de l'ombre en tant que
directeur des stations locales des deux radios musicales du
Groupe M6. En effet, qui imagine en écoutant la journaliste de
Fun radio Atlantique ou l'animateur de RTL2 Toulouse qu'il y a
une équipe pour les accompagner depuis Neuilly-sur-Seine ?
Mais avant de parler du travail
du directeur des stations locales, il me faut vous présenter
l'homme qui l'occupe : Kévin Ollivier est tombé dans la radio
par un hasard presque complet. Bien que quelques membres de sa
famille soient bénévoles dans une radio locale ce n'est qu'à
l'âge de 12-13 ans qu'il est interpellé par la voix incroyable
d'un animateur de Delta FM. Cette voix l'intrigue tellement
qu'il appelle la radio située non loin de chez lui à Gravelines
pour aller rencontrer l'animateur en question et visiter les
studios.
Kévin Ollivier : Quand je suis
arrivé, j'ai découvert un homme qui ne ressemblait pas du tout à
ce que j'avais imaginé. Les studios ne ressemblaient en rien à
ce que je pensais. Cela m'a bouleversé et j'ai compris la magie
de la radio.
Par ailleurs auditeur de Skyrock,
il va visiter la station locale de Dunkerque. Après cela, il
fait une maquette et commence sur RPL, une radio associative en
fréquence partagée, avec une émission hebdomadaire.
Son
premier salaire en tant qu'animateur viendra de Delta FM suite à
un remplacement. C'était, il y a 23 ans. Son premier contrat
sera à Mona FM avec une saison le week-end puis deux saisons en
semaine avec la coordination antenne.
Kévin Ollivier : A l'été 2006, je
rejoins RTL2, d'abord à Belfort (2006-2010) puis à Lille
(2010-2012) avant de rejoindre l'antenne nationale en 2012 avec
la charge de plusieurs créneaux jusqu'au 9h00-12h00 dès 2016.
Peuleux : En 2018, tu prends la
charge des locales de RTL2 et Fun Radio, comment en arrives-tu
là ?
Kévin Ollivier : Un concours de
circonstance suite à des évolutions de carrière à la direction.
Le numéro 2 des locales passe numéro 1 et me demande de le
rejoindre. Il me connait car nous avons déjà travaillé ensemble
et nous avons une vision de la radio et de la question des
locales assez proche. Nous en parlons avec Guillaume Piau
(directeur des programmes) et Tristan Jurgensen (directeur
général de RTL2) car cela m'obligerait à quitter l'antenne en
pleine saison. Tout le monde est d'accord, j'accepte.
Peuleux : En 2024, l'intitulé de
ton poste évolue de "responsable" à "directeur des locales", à
quoi est dû ce changement ?
Kévin Ollivier : Avant j'étais
donc numéro 2 du service avec la responsabilité de toute la
partie opérationnelle, avec la responsabilité des équipes sur le
terrain et à Neuilly et avec le lien avec les directions des
programmes. Quand Pierre de Taroni est parti pour une nouvelle
vie, Tristan Triensen m'a proposé de réorganiser le service et
d'en prendre la direction.
Peuleux : Combien de stations
sont rattachées à toi ?
Kévin Ollivier : Il y a 14
stations locales pour RTL2 (hors franchisées) et 10 stations
locales pour Fun Radio.
Derrière le titre de directeur
des stations locales de Fun Radio et RTL2 se cache un vaste
périmètre d'action :
-
Tous les sujets RH avec la gestion
quotidienne des équipes mais aussi la charge des recrutements ;
-
La partie financière ;
-
Les programmes opérationnels ;
-
Le lien entre tout ce qui se passe à Neuilly-sur-Seine et dans
les locales ;
-
Les relations avec les partenaires extérieurs qui touchent nos
opérations locales comme les régies publicitaires externes ou la
régie interne de M6 Publicité ;
-
Le lien avec les quatre radios
franchisés de RTL2.

Kévin Ollivier : J'ai la chance
de travailler avec toutes les équipes locales en m'appuyant sur
trois coordinateurs :
-
Christophe Lambert gère le fond : il
coordonne tous les programmes et écoute tout ce qui se fait, il
remonte la moindre difficulté, il coache les animateurs, il est
avec eux au quotidien, il veille à leur intégration.
-
Benjamin Rotrou gère la forme de nos antennes : technique,
infrastructure, informatique, mise en ondes globale…
-
Anne Torres, coordinatrice de la
promotion et de la communication, qui travaille avec toutes les
équipes pour mener à bien des projets.
Mais en termes de management, je
suis en direct avec les 47 collaborateurs sur les 24 stations.
Peuleux : Avec 47 collaborateurs
répartis sur 24 sites en France métropolitaine, tu dois être en
déplacement régulièrement ?
Kévin Ollivier : Oui, je vais les
voir régulièrement. Certaines un peu plus souvent que les autres
parce que nous y avons une grosse équipe. Par exemple, dans une
ville avec les deux radios présentes, nous pouvons avoir jusqu'à
6 personnes et forcément plus de sujets à gérer
proportionnellement.
Peuleux : Pour ce qui concerne
les journalistes, sont-ils aussi dans ton périmètre d'action ?
Kévin Ollivier : Oui. Mais si les
animateurs sont coachés par le coordinateur programmes, les
journalistes, eux, sont coachés au quotidien par Brice Boitelle,
rédacteur en chef des stations musicales du groupe. Il les
écoute et les briefe. Et nous faisons des points d'étape quasi
quotidiennement tous les deux.
Peuleux : Vos concurrents de
Lagardère Radio opèrent des fusions d'équipes lorsqu'il y a les
deux musicales du groupe dans le même secteur avec un animateur
pour deux antennes. Est-ce envisagé au sein du Groupe M6 ?
Kévin Ollivier : NRJ Group,
Lagardère Radio et le Groupe m6 fonctionnent de manière
différente dans l'organisation au siège et en local. Difficile
de comparer ce qui a été fait ou les projets de chacun.
L'essentiel est toujours de croire aux décrochages locaux, et
j'ai la chance d'avoir ce soutien dans le groupe M6.
Peuleux : Entre RTL2 et Fun
Radio, est-ce qu'il y a de grosses différences dans la manière
de fonctionner, dans ce qui est attendu des animateurs locaux ?
Kévin Ollivier : Bien sûr
l'aspect éditorial va différer pour coller au format musical
très marqué de chacun des deux radios mais le coaching est le
même. Ce que nous recherchons, c'est qu'il y ait une cohérence
entre le programme global de la radio et le programme local ;
nous leur demandons de jouer sur la proximité sans interférer
avec l'esprit de la Radio. Autrement dit, il faut qu'un auditeur
de Nantes qui a l'habitude d'écouter RTL2 entre 14h00 et 15h00
ne soit pas déboussolé en allumant sa radio à la même heure
alors qu'il est en déplacement à Lille ou en vacances à Nice.
C'est pour cela que nous pouvons avec fierté inclure nos
animateurs locaux dans la grille d'été sans que personne
n'entende de différence !
Peuleux
: Lorsque l'une des émissions se délocalise comme cela arrive
régulièrement pour les matinales, comment les équipes locales
sont-elles intégrées ?
Kévin Ollivier : Ils sont
toujours associés, animateurs comme journalistes. Après, nous ne
pouvons pas techniquement assurer à la fois le flash local et le
flash national lors d'une délocalisation. Donc souvent, il n'y a
pas de décrochage ce jour-là et les animateurs et journalistes
viennent faire une chronique, un jeu avec l'équipe.
Le 22 mai, nous fêterons les 10
ans du "Double expresso " au Zénith à Lille. Depuis le lancement
de l'opération, RTL2 Nord est associée à l'événement : les
équipes se chargent de la promotion dans la région depuis
plusieurs semaines et ils seront avec nous pour la matinale
comme pour le concert du soir. Et nous irons visiter la station
pour la valoriser au sein du groupe.
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