Peuleux | Le monde de Spirou et Fantasio

 ENTRETIEN AVEC... KEVIN OLLIVIER / FUN RADIO & RTL2 | 13/04/2026

Au sein du Groupe M6, il existe 24 stations locales réparties entre Fun Radio et RTL2. Kévin Ollivier et son équipe en assurent la gestion et la coordination quotidienne. Rencontre avec le directeur des stations locales et ancien animateur…

 

Cela fait quelques années que je suis la carrière de Kévin Ollivier avec qui j'avais échangé lorsqu'il était animateur sur RTL2. Mais cette année, j'avais envie de mettre en lumière son travail de l'ombre en tant que directeur des stations locales des deux radios musicales du Groupe M6. En effet, qui imagine en écoutant la journaliste de Fun radio Atlantique ou l'animateur de RTL2 Toulouse qu'il y a une équipe pour les accompagner depuis Neuilly-sur-Seine ?

 

Mais avant de parler du travail du directeur des stations locales, il me faut vous présenter l'homme qui l'occupe : Kévin Ollivier est tombé dans la radio par un hasard presque complet. Bien que quelques membres de sa famille soient bénévoles dans une radio locale ce n'est qu'à l'âge de 12-13 ans qu'il est interpellé par la voix incroyable d'un animateur de Delta FM. Cette voix l'intrigue tellement qu'il appelle la radio située non loin de chez lui à Gravelines pour aller rencontrer l'animateur en question et visiter les studios.

Kévin Ollivier : Quand je suis arrivé, j'ai découvert un homme qui ne ressemblait pas du tout à ce que j'avais imaginé. Les studios ne ressemblaient en rien à ce que je pensais. Cela m'a bouleversé et j'ai compris la magie de la radio.

 

Par ailleurs auditeur de Skyrock, il va visiter la station locale de Dunkerque. Après cela, il fait une maquette et commence sur RPL, une radio associative en fréquence partagée, avec une émission hebdomadaire.

Son premier salaire en tant qu'animateur viendra de Delta FM suite à un remplacement. C'était, il y a 23 ans. Son premier contrat sera à Mona FM avec une saison le week-end puis deux saisons en semaine avec la coordination antenne.

Kévin Ollivier : A l'été 2006, je rejoins RTL2, d'abord à Belfort (2006-2010) puis à Lille (2010-2012) avant de rejoindre l'antenne nationale en 2012 avec la charge de plusieurs créneaux jusqu'au 9h00-12h00 dès 2016.

 

Peuleux : En 2018, tu prends la charge des locales de RTL2 et Fun Radio, comment en arrives-tu là ?

Kévin Ollivier : Un concours de circonstance suite à des évolutions de carrière à la direction. Le numéro 2 des locales passe numéro 1 et me demande de le rejoindre. Il me connait car nous avons déjà travaillé ensemble et nous avons une vision de la radio et de la question des locales assez proche. Nous en parlons avec Guillaume Piau (directeur des programmes) et Tristan Jurgensen (directeur général de RTL2) car cela m'obligerait à quitter l'antenne en pleine saison. Tout le monde est d'accord, j'accepte.

 

Peuleux : En 2024, l'intitulé de ton poste évolue de "responsable" à "directeur des locales", à quoi est dû ce changement ?

Kévin Ollivier : Avant j'étais donc numéro 2 du service avec la responsabilité de toute la partie opérationnelle, avec la responsabilité des équipes sur le terrain et à Neuilly et avec le lien avec les directions des programmes. Quand Pierre de Taroni est parti pour une nouvelle vie, Tristan Triensen m'a proposé de réorganiser le service et d'en prendre la direction.

Peuleux : Combien de stations sont rattachées à toi ?

Kévin Ollivier : Il y a 14 stations locales pour RTL2 (hors franchisées) et 10 stations locales pour Fun Radio.

 

Derrière le titre de directeur des stations locales de Fun Radio et RTL2 se cache un vaste périmètre d'action :

-       Tous les sujets RH avec la gestion quotidienne des équipes mais aussi la charge des recrutements ;

-       La partie financière ;

-       Les programmes opérationnels ;

-       Le lien entre tout ce qui se passe à Neuilly-sur-Seine et dans les locales ;

-       Les relations avec les partenaires extérieurs qui touchent nos opérations locales comme les régies publicitaires externes ou la régie interne de M6 Publicité ;

-       Le lien avec les quatre radios franchisés de RTL2.

 

   

 

Kévin Ollivier : J'ai la chance de travailler avec toutes les équipes locales en m'appuyant sur trois coordinateurs :

-       Christophe Lambert gère le fond : il coordonne tous les programmes et écoute tout ce qui se fait, il remonte la moindre difficulté, il coache les animateurs, il est avec eux au quotidien, il veille à leur intégration.

-       Benjamin Rotrou gère la forme de nos antennes : technique, infrastructure, informatique, mise en ondes globale…

-       Anne Torres, coordinatrice de la promotion et de la communication, qui travaille avec toutes les équipes pour mener à bien des projets.

Mais en termes de management, je suis en direct avec les 47 collaborateurs sur les 24 stations.

 

Peuleux : Avec 47 collaborateurs répartis sur 24 sites en France métropolitaine, tu dois être en déplacement régulièrement ?

Kévin Ollivier : Oui, je vais les voir régulièrement. Certaines un peu plus souvent que les autres parce que nous y avons une grosse équipe. Par exemple, dans une ville avec les deux radios présentes, nous pouvons avoir jusqu'à 6 personnes et forcément plus de sujets à gérer proportionnellement.

 

Peuleux : Pour ce qui concerne les journalistes, sont-ils aussi dans ton périmètre d'action ?

Kévin Ollivier : Oui. Mais si les animateurs sont coachés par le coordinateur programmes, les journalistes, eux, sont coachés au quotidien par Brice Boitelle, rédacteur en chef des stations musicales du groupe. Il les écoute et les briefe. Et nous faisons des points d'étape quasi quotidiennement tous les deux.

 

Peuleux : Vos concurrents de Lagardère Radio opèrent des fusions d'équipes lorsqu'il y a les deux musicales du groupe dans le même secteur avec un animateur pour deux antennes. Est-ce envisagé au sein du Groupe M6 ?

Kévin Ollivier : NRJ Group, Lagardère Radio et le Groupe m6 fonctionnent de manière différente dans l'organisation au siège et en local. Difficile de comparer ce qui a été fait ou les projets de chacun. L'essentiel est toujours de croire aux décrochages locaux, et j'ai la chance d'avoir ce soutien dans le groupe M6.

 

Peuleux : Entre RTL2 et Fun Radio, est-ce qu'il y a de grosses différences dans la manière de fonctionner, dans ce qui est attendu des animateurs locaux ?

Kévin Ollivier : Bien sûr l'aspect éditorial va différer pour coller au format musical très marqué de chacun des deux radios mais le coaching est le même. Ce que nous recherchons, c'est qu'il y ait une cohérence entre le programme global de la radio et le programme local ; nous leur demandons de jouer sur la proximité sans interférer avec l'esprit de la Radio. Autrement dit, il faut qu'un auditeur de Nantes qui a l'habitude d'écouter RTL2 entre 14h00 et 15h00 ne soit pas déboussolé en allumant sa radio à la même heure alors qu'il est en déplacement à Lille ou en vacances à Nice. C'est pour cela que nous pouvons avec fierté inclure nos animateurs locaux dans la grille d'été sans que personne n'entende de différence !

 

Peuleux : Lorsque l'une des émissions se délocalise comme cela arrive régulièrement pour les matinales, comment les équipes locales sont-elles intégrées ?

Kévin Ollivier : Ils sont toujours associés, animateurs comme journalistes. Après, nous ne pouvons pas techniquement assurer à la fois le flash local et le flash national lors d'une délocalisation. Donc souvent, il n'y a pas de décrochage ce jour-là et les animateurs et journalistes viennent faire une chronique, un jeu avec l'équipe.

Le 22 mai, nous fêterons les 10 ans du "Double expresso " au Zénith à Lille. Depuis le lancement de l'opération, RTL2 Nord est associée à l'événement : les équipes se chargent de la promotion dans la région depuis plusieurs semaines et ils seront avec nous pour la matinale comme pour le concert du soir. Et nous irons visiter la station pour la valoriser au sein du groupe.

 



LE 9 A LA SUITE D'HISTOIRE(S) RADIOPHONIQUE(S)

Si je devais interviewer une autre personnalité radiophonique, vers qui m'orienterais-tu ?

Pour prendre quelqu'un hors de notre groupe : Difool qui ne parle pas beaucoup alors qu’il a plein de choses à dire. Mais ici, entre des Bruno Guillon, des Gregory Ascher ou des directeurs des programmes, il y a plein de gens qui ont des choses passionnantes à raconter.

 

Les voix ou les émissions de radio qui ont marqué ton enfance ?

Difool, Max, Zégut.

 

La plus belle rencontre radiophonique ?

Ma femme, on s'est rencontré lors d'un événement RTL2.

 

La pire rencontre radiophonique ?

Très sincèrement, je n'en ai pas, je ne suis pas rancunier.

 

Le plus beau souvenir en radio ?

En parallèle du 9-12 de RTL2, je présentais aussi des événements en public pour la radio. Nous avons fait "Bordeaux fête le fleuve" en 2017 avec 15 000 personnes et retransmissions en direct sur RTL2 pendant deux soirs. Il y avait Texas, Boulevard des aires, James Blunt. Le public était incroyable, j'ai eu une sensation incroyable malgré la boule au ventre.

 

Le pire souvenir en radio ?

Lorsque j'animais les nuits de RTL2, l'A2I (logiciel de diffusion) est tombé en panne vers 0h45. Je suis allé chercher le CD de secours dans le studio d'à côté rue Bayard sauf que le disque dans le boitier ce n'était pas le bon : c'était Julien Clerc ! Aux premières notes, j'ai vu ma vie défiler pendant les quelques secondes de l'intro. J'ai rapidement lancé un autre disque. Le technicien est arrivé mort de rire, il m'a longtemps charrié avec cette histoire d'ailleurs. Ensuite, j'ai passé ma nuit à me dire que j'allais me faire allumer par la direction pour avoir mis du Julien Clerc qui n'est pas très pop-rock - même si fondamentalement je n'y étais pour rien -  alors que cela a fait rire tout le monde.

 

Quand tu n'es pas à la radio, écoutes-tu la radio ?

Oui, Fun Radio et RTl2, je suis très fier de nos deux radios, désolé si ça fait eau tiède. J'écoute aussi RTL et les podcasts de "l'After foot". Après j'écoute beaucoup les radios régionales pour comprendre comment elles fonctionnent et ce qu'elles font, j'adore les vraies régionales.

 

Quand tu sors de la radio, que fais-tu ?

Je passe beaucoup de temps avec mes enfants et ma femme. Je vois ma famille et mes amis. J'adore cela ! 

 

Et dans 5 ans ?

Objectivement, j'espère toujours au sein du groupe. Et si j'y prends toujours autant de plaisir, j'espère être toujours à ce poste. Je trouve qu'aujourd'hui nous avons une équipe au top, je suis très fier de nos équipes locales. Depuis quelques années, le monde de la radio connait quelques bourrasques et nous avons réussi à les affronter en étant solidaires, ce qui me rend là aussi très fier.

  

Remerciements : Merci à Kévin Ollivier d'avoir accepté de me recevoir malgré son emploi du temps serré, merci à lui pour son accueil et sa franchise. Merci aux deux personnes de la RH topées à l'improviste par Kévin pour faire la photo. Merci à ma Maman pour la relecture | Photos : RTL2, Peuleux

 

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dernière mise à jour de cette fiche le 10/11/2025


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