Peuleux | Le monde de Spirou et Fantasio

 ENTRETIEN AVEC...  ANNE LE GALL / EUROPE 1 | 08/04/2019

Voix d'Europe 1 depuis près de 21 ans, Anne Le Gall est devenue une spécialiste des questions société, santé et développement durable. Reporter, chroniqueuse, animatrice, elle est aujourd'hui l'une des rédactrices en chef de "Debout les copains", la prématinale de la station. Rencontre avec une journaliste passionnée et multicartes…

 

Alors que je suis à Europe 1 pour interviewer Eva Roque et me glisser dans les coulisses de la prématinale emmenée par Matthieu Noël, j'ai la grande surprise d'être accueilli par Anne Le Gall en personne. A l'issue de mon entretien avec Eva Roque et alors que j'attends Céline Da Costa (elle est encore en studio avec Nikos Aliagas), Anne Le Gall accepte de répondre à mes questions au pied levé.

 

En 1996, lorsqu'elle rentre à l'école supérieure de journalisme de Lille, Anne Le Gall a pour objectif de travailler en presse écrite hebdomadaire. Finalement, pendant ses études, elle attrape le virus de la radio qui, pour elle, est le média de la vie, de la spontanéité, du direct avec une aspect intimiste

En 1998, alors qu'elle sort de l'école, Anne Le Gall se présente à la Bourse Laugas organisée par Europe 1. Arrivée en troisième position derrière Jean-Luc Bougeon et Pascale Berthelot, elle se voit proposer un poste à la rédaction. Elle débute comme reporter au service informations générales. Au bout de 6 ans, elle devient reporter spécialisée en sujets santé et société. A l'été 2013, elle s'ouvre à l'innovation scientifique, sociale et numérique avec une chronique quotidienne diffusée à 5h55 et 7h15. En 2016, elle présente le journal de l'éducation.

 

J'aurais volontiers poursuivi "Circuits courts"…

 

En 2017, elle rejoint Maxime Switek aux commandes d'une émission au format inédit dans les médias français et unique à la radio : "Circuits courts" qui parle économie sociale et solidaire et développement durable.

Anne Le Gall : J'ai adoré préparer et présenter cette émission. J'aurais volontiers poursuivi l'aventure mais la nouvelle direction d'alors ne l'a pas souhaité, c'est le jeu…

Chaque émission comportait deux invités en studio, un reportage faisant beaucoup appel aux correspondants en régions, deux chroniques et un coup de fil. "C'était donc beaucoup de travail en amont pour 45 minutes d'antenne".

Anne Le Gall : Nous étions alors sur une première saison - ce qui demande beaucoup de travail - et sur des sujets pas encore défrichés : monnaies locales, nouveaux types de management en entreprise… Il fallait trouver des interlocuteurs qui étaient encore sous les radars médiatiques, des raretés. Mais ça donnait un travail passionnant d'investigation en amont. A l'antenne, ça permettait d'aborder des sujets de découvertes, des sujets de société très concernants et du quotidien (alimentation, relations au travail, pouvoir d'achat, économie collaborative, voisins...) mais pas abordés dans des émissions grand public

Peuleux : Les sondages étaient bons tout comme les retours sur la qualité de l'émission. Ce n'est pas d'autant plus dommage de se voir arrêter en plein envol ?

Anne Le Gall : C'est la vie d'une grille des programmes en radio et le jeu des changements de direction. Je me dis que j'ai eu la chance de la présenter durant un an. J'en ai retiré énormément. Je conserve cet appétit pour ce type de sujets. Peut-être que ça reviendra un jour… En attendant, il y un relais qui a été pris avec Raphaëlle Duchemin dans "la France qui bouge" même si l'émission est plus tournée vers l'économie.

 

J'ai demandé à rejoindre la nouvelle prématinale…

 

Depuis la rentrée 2018, elle est rédactrice en chef en duo avec Eva Roque de la prématinale emmenée par Matthieu Noël et joker de la même Eva Roque à la coanimation de ladite tranche d'information. Elle s'est d'ailleurs portée volontaire pour ce poste dès qu'elle a eu connaissance du projet.

Peuleux : Après presque 21 années passées en Europe1, quel rôle avez vous préféré entre le terrain, les chroniques, l'animation ou votre rôle actuel plus en coulisses ?

Anne Le Gall : Je suis très terrain, j'adore le reportage pour les rencontres. Le côté rencontre, je le retrouve avec les invités de la prématinale mais je pense être reporter dans l'âme. J'adore aller sur le terrain, aller voir les gens dans leur univers. Je trouve aussi bien d'avoir plusieurs casquettes et rôles dans une carrière pour avoir une vue transversale. On a d'autant plus besoin lorsque l'on passe rédacteur en chef. C'est bien de changer. Et cela fait 5 ans que je change tous les ans, c'est une succession de défis !

  


LE 9 A LA SUITE D'HISTOIRE(S) RADIOPHONIQUE(S)

 

Si je devais interviewer une autre personnalité radiophonique, vers qui m'orienterais-tu ?

Emilie Mazoyer que j'aime beaucoup. Une personnalité incroyable avec quelque chose de très frais en musique.

 

Les voix ou les émissions de radio qui ont marqué ton enfance ?

J'ai été élevée et biberonnée à Europe 1. Bellemare, Delarue, André Dumas… J'ai été bercé au son du carillon d'Europe 1.

 

La plus belle rencontre radiophonique ?

Il y en a beaucoup. Eva Roque est une amie que j'ai rencontré à la radio avant de travailler avec elle.

 

La pire rencontre radiophonique ?

Je vous ai étendu la poser à Eva en me disant que je ne saurai pas y répondre moi-même… Joker !

 

Le plus beau souvenir en radio ?

J'ai un très bon souvenir d'un reportage au Niger. J'étais parti faire un reportage sur la construction d'un puit d'eau potable dans un village non alimenté en eau. Et j'avais assisté au jaillissement de l'eau salué de you-you de joie. Micro en main, je m'étais dit que j'avais trouvé incroyable la chance de vivre un tel moment en faisant mon métier.

Le pire souvenir en radio ?

On peut se retrouver dans des situations cocasses mais que l'n arrive à retourner ce qui n'en fait pas de "pire moment". Et après coup, on en rigole. Un jour en reportage, j'ai eu un gros moment de stress. Alors que je couvrais une conflit social à Roissy, il y a eu une alerte à la bombe. J'étais alors en direct à l'antenne dans une cabine téléphonique avec les policiers qui me demandaient d'évacuer…

  

Quand tu n'es pas à la radio, écoutes-tu la radio ?

J'écoute pas mal la radio. Beaucoup en voiture. La concurrence en podcast car il faut toujours écouter la concurrence. Ça agace parfois mes filles. Souvent Franceinfo pour l'actualité en voiture sinon la musique j'écoute en streaming.

 

Quand tu sortes de la radio, que fais-tu ?

Le temps est très compté. Je sors de la radio et je vais chercher mes filles à l'écoles. De 17h30 à 21h00, je suis en famille. Après 21h00, j'allume mon ordinateur pour regarder les chroniques qui sont arrivées entre temps, je regarde le journal de 20h en décalé et lire les dépêches.

 

Et dans 5 ans ?

J'espère toujours faire de la radio. Peut-être sur une résurgence de "Circuits courts" d'une manière ou d'un autre. J'adorerais creuser les questions du développement durable et les sujets de transition. Mais c'est déjà difficile de se projeter d'une saison à l'autre…

 

Remerciements : Merci à Anne Le Gall pour son accueil sa disponibilité, sa prévenance et pour cet entretien imprévu. Merci à Eva Roque qui a suggéré cet entrevue | Photos : Europe 1, Peuleux

 

 

Pour aller plus loin...


Entretien avec...
Maxime Switek

Dans les coulisses de... "Debout les copains"

Entretien avec...
Eva Roque

Entretien avec...
Céline Da Costa
 

Europe 1
       

dernière mise à jour de cette fiche le 09/04/2019


Histoire(s) radiophonique(s), un site édité par Peuleux | création du site : mai 2007 | version 3.0 lancée en août 2015 | mentions légales | contact