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Depuis 2013, sa voix accompagne des auditeurs d'Europe 1
comme meneuse de jeu, un rôle qui a évolué depuis 5 ans. Elle
accompagne aujourd'hui les auditeurs de "Europe 1 Matin" et de
"Culture Médias". Rencontre avec une animatrice tombée dans la
Radio à l'adolescence et dont la passion ne faiblit pas…
Anissa Haddadi pourrait parodier un célèbre gaulois en disant
que la Radio, elle est tombée dedans quand elle était petite.
Elevée dans une famille écoutant la radio toute la journée dans
(presque toutes) les pièces de la maison et en voiture, elle vit
un rêve éveillé derrière le micro depuis 30 ans.
Le déclic a lieu alors qu'elle a 12 ans, le meilleur ami de son
papa anime une émission hebdomadaire sur une radio associative
de Clermont-Ferrand. À l'occasion de la Fête des mères, il
demande à plusieurs jeunes – dont Anissa – de venir lire
différents textes en lien avec les mamans.
Anissa Haddadi : J'y vais et j'ai eu une révélation : j'ai mis
le casque, j'ai lu mon texte qui durait 1 minutes 30 devant le
micro et j'ai trouvé cela fabuleux ! Je lui ai demandé si je
pouvais revenir le dimanche suivant et j'ai coanimé l'émission
avec lui durant 3 ans. Dès lors, mes parents n'ont plus jamais
eu de week-ends à eux !
Mais, alors qu'elle a 15 ans, l'ami de son papa décède
brutalement. Anissa décide que l'émission ne peut pas
disparaître avec lui. Le directeur de la radio lui donne alors
son accord pour qu'elle poursuive toute seule. Et elle tiendra
ainsi le micro jusqu'à ses 18 ans.
Anissa Haddadi : Je n'avais que la radio en tête, mes parents me
soutenaient à condition d'avoir le Bac tandis que les
conseillers d'orientation me disaient que la radio n'était pas
un métier mais juste un hobby.
Ainsi, en 1999, tout en continuant la radio, Anissa entre au
lycée dans une filière dont la matière principale est le cinéma.
Durant cette formation, elle présente un film au concours des
jeunes réalisateurs. Elle gagne le premier prix avec comme
cadeau un livre sur les métiers de l'audiovisuel et un chèque
pour participer au financement d'une formation au Studio Ecole
de France (Studec).
DU STUDEC A BELFORT VIA
MARTIGUES
En 2001, son Baccalauréat en poche, elle passe le concours
d'entrée au Studec et rejoint Paris. Durant sa deuxième année de
formation, elle sera assistante de production à RTL.
Anissa
Haddadi : A RTL, j'étais l'assistante de Jean-Pierre Foucault,
je lui préparais ses fiches. Et c'est marrant de le retrouver
plus de 20 ans après dans les studios d'Europe 1.
En 2005, après un passage par Maritima, radio basée à Martigues,
Anissa Haddadi frappe à la porte de Radio France Puy-de-Dôme
(future France Bleu Pays d'Auvergne).
Anissa Haddadi : Le directeur des programmes écoute ma maquette
avec des extraits de mes passages sur Maritima et m'explique que
ce n'est pas le même format que les locales de Radio France. Il
me propose alors gentiment de revenir 3 jours plus tard pour
faire une maquette avec un de ses techniciens. Il envoie
l'enregistrement à Paris et je me retrouve inscrite dans le
planning de la Brigade des remplaçants.
Pendant 2 ans, Anissa Haddadi va passer d'une locale à une autre
pour remplacer les animateurs locaux le temps de leurs diverses
absences, sur différentes tranches, de Cherbourg à Valence.
Anissa Haddadi : Pour la petite histoire, j'ai fait un
remplacement sur la matinale de France Bleu Poitou avec l'un de
mes collègues de la Brigade : il s'agissait de Jean-Baptiste
Boursier journaliste à LCI et joker du 20h de TF1.
Après deux années de CDD, Anissa Haddadi se voit proposer un CDI
à France Bleu Belfort Montbéliard. Elle y restera 7 ans dont 6
saisons comme matinalière et une saison de 16h00 à 19h00.
Après 7 ans à Belfort et presque 10 ans à Radio France, Anissa
commence à tourner en rond du point de vue professionnel. Elle
se sent bien dans cette ville de l'Est mais surtout, Paris lui
manque. Elle démissionne alors malgré les contre-propositions de
la direction locale de France Bleu et un rendez-vous avec la
direction à Paris. Sans renier son parcours à Radio France, elle
veut du renouveau et retourne à Paris sans aucun micro à
l'horizon.
Et c'est là que la magie des réseaux sociaux fait son office :
Anissa poste une photo de la Tour Eiffel sur Facebook et Jacky
Gallois, grande voix d'Europe 1 et directeur des études au
Studec, tombe dessus.
Anissa Haddadi : Jacky Gallois rebondit sur ma publication pour
prendre de mes nouvelles. Je lui explique que j'ai quitté
Belfort pour revenir en région parisienne où je démarche des
petites radios. Il me demande alors une maquette de ce que j'ai
fait à France Bleu et me rappelle pour me dire qu'il m'a
inscrite à un casting pour être meneuse de jeu à Europe 1. En
arrivant à Paris, je n'avais même pas envisagé de pouvoir
travailler sur des radios comme Europe 1 ou RTL. Et là, il me
propose de postuler pour devenir la collègue de la célèbre Julie
d'Europe 1… inimaginable pour moi !
LA HIGHLANDER DES MENEUSES DE JEU D'EUROPE 1
Le 30 septembre 2012 (Anissa se souvient bien de cette date),
elle passe le casting et 15 jours plus tard, Europe 1 lui
annonce qu'elle a été retenue pour faire des remplacements.
Anissa Haddadi : Ce qui est génial avec ce poste de meneuse
joker, c'est que j'interviens pour des remplacements sur toutes
les tranches comme à la Brigade. Cela me permet de connaitre
toute l'équipe et toute la grille d'Europe 1. Et à la rentrée
suivante, je suis titularisée sur une tranche du week-end.
Peuleux
: Victor Leclerc m'a rappelé que tu avais participé à une
émission sur Virgin radio en parallèle de ta présence sur Europe
1…
Anissa Haddadi : Europe 1 est dans les mêmes locaux que RFM et
Europe 2 / Virgin Radio. Entre les trois radios, on se connait,
on se croise dans les couloirs ou à la cantine. A l'époque,
Virgin Radio voulait proposer une matinale le week-end avec un
esprit de bande et ils sont venus me solliciter. Mais je n'y
allais que le samedi.
Peuleux : Mais tu étais à l'antenne 6 jours sur 7 du coup !?
Anissa Haddadi : Quand on aime le micro, on ne compte pas ! Et
cela a été une expérience très sympa !
Peuleux : Depuis 13 ans que tu es à Europe 1, le "métier" de
meneuse jeu a évolué, il y a même eu une période où ce rôle a
été supprimé. Et de toutes les meneuses de jeu, tel Highlander,
tu es la seule à être restée à l'antenne et tu as commencé à
faire la météo…
Anissa Haddadi : En 2020, la direction de l'époque a décidé de
supprimer les meneuses de jeu. Mes collègues partent mais moi,
on essaye de me retenir et on me propose la météo. Je réfléchis
beaucoup car ce n'est pas un métier que je maitrise. Et je ne
veux pas faire les choses à moitié. J'accepte mais à condition
d'avoir une formation avec Météo France. La direction donne son
accord et je vais à Vincennes suivre ladite formation qui
s'avère très intéressante même si elle est aussi très calée.
Mais grâce à elle, je comprends ce que je dis, je sais ce que
sont un anticyclone et une dépression, cela m'aide à raconter la
météo aux auditeurs.
Anissa
Haddadi va faire sa première saison comme présentatrice météo
sur la tranche 18-20 présentée par Nathalie Lévy. La saison
suivante, elle officie aux côtés de Julian Bugier mais la
direction lui redonne un rôle de meneuse de jeu puisque ce
statut est finalement remis à l'antenne progressivement.
Anissa Haddadi : Avec le retour officiel des meneuses de jeu,
j'ai retrouvé un métier que j'adorais tout en gardant la météo.
Aujourd'hui, Anissa Haddadi accompagne Dimitri Pavlenko comme
meneuse de jeu et présentatrice météo pour "Europe 1 Matin" de
7h00 à 9h00 puis elle rejoint Thomas Isle comme coanimatrice de
"Culture Médias" de 10h00 à 11h30.
Peuleux : Quel est ton planning quotidien pour assurer ces deux
rendez-vous ?
Anissa Haddadi : J'arrive à Europe 1 entre 5h30 et 6h00 pour
finaliser mes bulletins météo. Toutes mes autres interventions
pour la matinale sont prêtes de la veille. Après "Culture
Médias", je reste travailler avec l'équipe et je repars vers
15h00 ou 16h00. Mais il y a des fois où je rentre travailler
chez moi, je lis un livre ou regarde un documentaire en rapport
avec un prochain invité de l'émission. Vers 20h00, je regarde
les tendances météo du lendemain et à 21h30, je vais me coucher.
Peuleux : Te souviens-tu de ton premier carillon sur Europe 1 ?
Anissa Haddadi : C'était un samedi midi avec Wendy Bouchard
J'avais les mains moites, des tremblements, j'avais mal au
ventre, la tête qui tournait… avec une Wendy adorable qui me
rassurait…
DEUX TRANCHES, DEUX RÔLES
DIFFÉRENTS
Peuleux
: Tu as un positionnement totalement différent entre les deux
émissions auxquelles tu participes : pour "Europe 1 matin", tu
es dans la position de la meneuse de jeu / présentatrice météo
alors que pour "Culture Médias", tu apparais plus comme une
coanimatrice.
Anissa Haddadi : Totalement. Sur la matinale, je suis sur le
rôle traditionnel de la meneuse de jeu telle qu'elle est
désormais définie à Europe 1 avec les bulletins météo. Sur
"Culture Médias", je suis plus dans une position de
coanimatrice, un rôle pour lequel je m'astreins à écouter, lire
et regarder ce que l'invité vient présenter. Même si c'est
Thomas Isle qui porte l'interview, je serais mal à l'aise d'être
face à un invité dont j'ignore le travail. En plus, je pense que
pour lui, c'est plus plaisant d'être interrogé par des personnes
qui ont lu son livre, écouté son disque, vu son film, sa série
ou son documentaire. Et à titre personnel, j'aime suivre ce qui
se passe dans l'actualité médiatique et culturelle.
Peuleux : Comme Thomas Isle n'est pas avec nous, peux-tu dire du
mal de lui en son absence ? [NDLR : cette question est posée sur
le ton de la boutade !]
Anissa Haddadi : Oh oui, j'ai plein de dossiers (rires).
Sérieusement, ce que je trouve bluffant c'est de me dire qu'on
ne se connaissait pas il y a 3 ans et que les choses marchent
hyper naturellement entre nous.
Peuleux : Dans le monde de l'audiovisuel, on dit souvent dans ce
métier qu'on ne peut pas faire de duo artificiel, que ça ne
marchera pas. J'ai l'impression que vous êtes l'exception qui
confirme la règle.
Anissa Haddadi : Nous nous respectons beaucoup. Nous nous
taquinons et nous amusons à l'antenne comme hors antenne. Nous
sommes de la même génération – même si Thomas est plus vieux
d'un an que moi - avec des références communes. Et nous savons
jouer de nos personnalités à l'antenne
Peuleux : J'ai le souvenir que vous aviez une émission commune
l'été, je me trompe ?
Anissa Haddadi : Effectivement, nous nous sommes croisés la
première fois dans la grille d'été. Je faisais "le Club de
l'été" en juillet et Thomas en août. C'était sa première
apparition sur Europe 1 comme animateur et la direction nous a
demandé de faire une semaine en duo comme passage de relais.
Retrouvez Anissa Haddadi du
lundi au vendredi dans "Europe 1 Matin" de 7h00 à 9h00 et dans
"Culture Médias" de 10h00 à 11h30.
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