Peuleux | Le monde de Spirou et Fantasio

 ENTRETIEN AVEC... ANISSA HADDADI / EUROPE 1 | 15/04/2026

Depuis 2013, sa voix accompagne des auditeurs d'Europe 1 comme meneuse de jeu, un rôle qui a évolué depuis 5 ans. Elle accompagne aujourd'hui les auditeurs de "Europe 1 Matin" et de "Culture Médias". Rencontre avec une animatrice tombée dans la Radio à l'adolescence et dont la passion ne faiblit pas…

 

Anissa Haddadi pourrait parodier un célèbre gaulois en disant que la Radio, elle est tombée dedans quand elle était petite. Elevée dans une famille écoutant la radio toute la journée dans (presque toutes) les pièces de la maison et en voiture, elle vit un rêve éveillé derrière le micro depuis 30 ans.

Le déclic a lieu alors qu'elle a 12 ans, le meilleur ami de son papa anime une émission hebdomadaire sur une radio associative de Clermont-Ferrand. À l'occasion de la Fête des mères, il demande à plusieurs jeunes – dont Anissa – de venir lire différents textes en lien avec les mamans.

Anissa Haddadi : J'y vais et j'ai eu une révélation : j'ai mis le casque, j'ai lu mon texte qui durait 1 minutes 30 devant le micro et j'ai trouvé cela fabuleux ! Je lui ai demandé si je pouvais revenir le dimanche suivant et j'ai coanimé l'émission avec lui durant 3 ans. Dès lors, mes parents n'ont plus jamais eu de week-ends à eux !

Mais, alors qu'elle a 15 ans, l'ami de son papa décède brutalement. Anissa décide que l'émission ne peut pas disparaître avec lui. Le directeur de la radio lui donne alors son accord pour qu'elle poursuive toute seule. Et elle tiendra ainsi le micro jusqu'à ses 18 ans.

Anissa Haddadi : Je n'avais que la radio en tête, mes parents me soutenaient à condition d'avoir le Bac tandis que les conseillers d'orientation me disaient que la radio n'était pas un métier mais juste un hobby.

Ainsi, en 1999, tout en continuant la radio, Anissa entre au lycée dans une filière dont la matière principale est le cinéma. Durant cette formation, elle présente un film au concours des jeunes réalisateurs. Elle gagne le premier prix avec comme cadeau un livre sur les métiers de l'audiovisuel et un chèque pour participer au financement d'une formation au Studio Ecole de France (Studec).

 

DU STUDEC A BELFORT VIA MARTIGUES

En 2001, son Baccalauréat en poche, elle passe le concours d'entrée au Studec et rejoint Paris. Durant sa deuxième année de formation, elle sera assistante de production à RTL.

Anissa Haddadi : A RTL, j'étais l'assistante de Jean-Pierre Foucault, je lui préparais ses fiches. Et c'est marrant de le retrouver plus de 20 ans après dans les studios d'Europe 1.

En 2005, après un passage par Maritima, radio basée à Martigues, Anissa Haddadi frappe à la porte de Radio France Puy-de-Dôme (future France Bleu Pays d'Auvergne).

Anissa Haddadi : Le directeur des programmes écoute ma maquette avec des extraits de mes passages sur Maritima et m'explique que ce n'est pas le même format que les locales de Radio France. Il me propose alors gentiment de revenir 3 jours plus tard pour faire une maquette avec un de ses techniciens. Il envoie l'enregistrement à Paris et je me retrouve inscrite dans le planning de la Brigade des remplaçants.

Pendant 2 ans, Anissa Haddadi va passer d'une locale à une autre pour remplacer les animateurs locaux le temps de leurs diverses absences, sur différentes tranches, de Cherbourg à Valence.

Anissa Haddadi : Pour la petite histoire, j'ai fait un remplacement sur la matinale de France Bleu Poitou avec l'un de mes collègues de la Brigade : il s'agissait de Jean-Baptiste Boursier journaliste à LCI et joker du 20h de TF1.

Après deux années de CDD, Anissa Haddadi se voit proposer un CDI à France Bleu Belfort Montbéliard. Elle y restera 7 ans dont 6 saisons comme matinalière et une saison de 16h00 à 19h00.

 

Après 7 ans à Belfort et presque 10 ans à Radio France, Anissa commence à tourner en rond du point de vue professionnel. Elle se sent bien dans cette ville de l'Est mais surtout, Paris lui manque. Elle démissionne alors malgré les contre-propositions de la direction locale de France Bleu et un rendez-vous avec la direction à Paris. Sans renier son parcours à Radio France, elle veut du renouveau et retourne à Paris sans aucun micro à l'horizon.

Et c'est là que la magie des réseaux sociaux fait son office : Anissa poste une photo de la Tour Eiffel sur Facebook et Jacky Gallois, grande voix d'Europe 1 et directeur des études au Studec, tombe dessus.

Anissa Haddadi : Jacky Gallois rebondit sur ma publication pour prendre de mes nouvelles. Je lui explique que j'ai quitté Belfort pour revenir en région parisienne où je démarche des petites radios. Il me demande alors une maquette de ce que j'ai fait à France Bleu et me rappelle pour me dire qu'il m'a inscrite à un casting pour être meneuse de jeu à Europe 1. En arrivant à Paris, je n'avais même pas envisagé de pouvoir travailler sur des radios comme Europe 1 ou RTL. Et là, il me propose de postuler pour devenir la collègue de la célèbre Julie d'Europe 1… inimaginable pour moi !



LA HIGHLANDER DES MENEUSES DE JEU D'EUROPE 1

 

Le 30 septembre 2012 (Anissa se souvient bien de cette date), elle passe le casting et 15 jours plus tard, Europe 1 lui annonce qu'elle a été retenue pour faire des remplacements.

Anissa Haddadi : Ce qui est génial avec ce poste de meneuse joker, c'est que j'interviens pour des remplacements sur toutes les tranches comme à la Brigade. Cela me permet de connaitre toute l'équipe et toute la grille d'Europe 1. Et à la rentrée suivante, je suis titularisée sur une tranche du week-end.

 

Peuleux : Victor Leclerc m'a rappelé que tu avais participé à une émission sur Virgin radio en parallèle de ta présence sur Europe 1…

Anissa Haddadi : Europe 1 est dans les mêmes locaux que RFM et Europe 2 / Virgin Radio. Entre les trois radios, on se connait, on se croise dans les couloirs ou à la cantine. A l'époque, Virgin Radio voulait proposer une matinale le week-end avec un esprit de bande et ils sont venus me solliciter. Mais je n'y allais que le samedi.

Peuleux : Mais tu étais à l'antenne 6 jours sur 7 du coup !?

Anissa Haddadi : Quand on aime le micro, on ne compte pas ! Et cela a été une expérience très sympa !

 

Peuleux : Depuis 13 ans que tu es à Europe 1, le "métier" de meneuse jeu a évolué, il y a même eu une période où ce rôle a été supprimé. Et de toutes les meneuses de jeu, tel Highlander, tu es la seule à être restée à l'antenne et tu as commencé à faire la météo…

Anissa Haddadi : En 2020, la direction de l'époque a décidé de supprimer les meneuses de jeu. Mes collègues partent mais moi, on essaye de me retenir et on me propose la météo. Je réfléchis beaucoup car ce n'est pas un métier que je maitrise. Et je ne veux pas faire les choses à moitié. J'accepte mais à condition d'avoir une formation avec Météo France. La direction donne son accord et je vais à Vincennes suivre ladite formation qui s'avère très intéressante même si elle est aussi très calée. Mais grâce à elle, je comprends ce que je dis, je sais ce que sont un anticyclone et une dépression, cela m'aide à raconter la météo aux auditeurs.

 

Anissa Haddadi va faire sa première saison comme présentatrice météo sur la tranche 18-20 présentée par Nathalie Lévy. La saison suivante, elle officie aux côtés de Julian Bugier mais la direction lui redonne un rôle de meneuse de jeu puisque ce statut est finalement remis à l'antenne progressivement.

Anissa Haddadi : Avec le retour officiel des meneuses de jeu, j'ai retrouvé un métier que j'adorais tout en gardant la météo.

 

Aujourd'hui, Anissa Haddadi accompagne Dimitri Pavlenko comme meneuse de jeu et présentatrice météo pour "Europe 1 Matin" de 7h00 à 9h00 puis elle rejoint Thomas Isle comme coanimatrice de "Culture Médias" de 10h00 à 11h30.

Peuleux : Quel est ton planning quotidien pour assurer ces deux rendez-vous ?

Anissa Haddadi : J'arrive à Europe 1 entre 5h30 et 6h00 pour finaliser mes bulletins météo. Toutes mes autres interventions pour la matinale sont prêtes de la veille. Après "Culture Médias", je reste travailler avec l'équipe et je repars vers 15h00 ou 16h00. Mais il y a des fois où je rentre travailler chez moi, je lis un livre ou regarde un documentaire en rapport avec un prochain invité de l'émission. Vers 20h00, je regarde les tendances météo du lendemain et à 21h30, je vais me coucher.

 

Peuleux : Te souviens-tu de ton premier carillon sur Europe 1 ?

Anissa Haddadi : C'était un samedi midi avec Wendy Bouchard J'avais les mains moites, des tremblements, j'avais mal au ventre, la tête qui tournait… avec une Wendy adorable qui me rassurait…

 

 


DEUX TRANCHES, DEUX RÔLES DIFFÉRENTS


Peuleux : Tu as un positionnement totalement différent entre les deux émissions auxquelles tu participes : pour "Europe 1 matin", tu es dans la position de la meneuse de jeu / présentatrice météo alors que pour "Culture Médias", tu apparais plus comme une coanimatrice.

Anissa Haddadi : Totalement. Sur la matinale, je suis sur le rôle traditionnel de la meneuse de jeu telle qu'elle est désormais définie à Europe 1 avec les bulletins météo. Sur "Culture Médias", je suis plus dans une position de coanimatrice, un rôle pour lequel je m'astreins à écouter, lire et regarder ce que l'invité vient présenter. Même si c'est Thomas Isle qui porte l'interview, je serais mal à l'aise d'être face à un invité dont j'ignore le travail. En plus, je pense que pour lui, c'est plus plaisant d'être interrogé par des personnes qui ont lu son livre, écouté son disque, vu son film, sa série ou son documentaire. Et à titre personnel, j'aime suivre ce qui se passe dans l'actualité médiatique et culturelle.

 

Peuleux : Comme Thomas Isle n'est pas avec nous, peux-tu dire du mal de lui en son absence ? [NDLR : cette question est posée sur le ton de la boutade !]

Anissa Haddadi : Oh oui, j'ai plein de dossiers (rires). Sérieusement, ce que je trouve bluffant c'est de me dire qu'on ne se connaissait pas il y a 3 ans et que les choses marchent hyper naturellement entre nous.

Peuleux : Dans le monde de l'audiovisuel, on dit souvent dans ce métier qu'on ne peut pas faire de duo artificiel, que ça ne marchera pas. J'ai l'impression que vous êtes l'exception qui confirme la règle.

Anissa Haddadi : Nous nous respectons beaucoup. Nous nous taquinons et nous amusons à l'antenne comme hors antenne. Nous sommes de la même génération – même si Thomas est plus vieux d'un an que moi - avec des références communes. Et nous savons jouer de nos personnalités à l'antenne

Peuleux : J'ai le souvenir que vous aviez une émission commune l'été, je me trompe ?

Anissa Haddadi : Effectivement, nous nous sommes croisés la première fois dans la grille d'été. Je faisais "le Club de l'été" en juillet et Thomas en août. C'était sa première apparition sur Europe 1 comme animateur et la direction nous a demandé de faire une semaine en duo comme passage de relais.

 

 

Retrouvez Anissa Haddadi du lundi au vendredi dans "Europe 1 Matin" de 7h00 à 9h00 et dans "Culture Médias" de 10h00 à 11h30.

 



LE 9 A LA SUITE D'HISTOIRE(S) RADIOPHONIQUE(S)

Si je devais interviewer une autre personnalité radiophonique, vers qui m'orienterais-tu ?

Clément Lanoue, j'adore ce qu'il fait, il est brillant et c'est un ami.

 

Les voix ou les émissions de radio qui ont marqué ton enfance ?

Il y en a plein. Doc et Diffool, Max le Starsystem qui est peut-être ce que j'ai le plus écouté. Fabrice sur RTL. Mickaël Youn qui faisait les infos sur Skyrock. En fait, j'ai grandi avec la Radio : chez mes parents, il y avait un poste dans la cuisine, un poste dans la salle à manger, un poste dans la salle de bain et bien sûr dans la voiture. Mes parents sont des vrais amoureux de la radio, ils écoutaient beaucoup RTL. Et j'écoutais Europe 1 avec mes grands-parents avec "l'Europe stop". Ce n'est pas étonnant que j'ai commencé la radio à 12 ans au final !

 

La plus belle rencontre radiophonique ?

Il y a en a tellement. Je vais dire Thomas Thouroud, Maxime Switek, Julian Bugier, Franck Ferrand qui est devenu un grand ami. En étant meneuse, on devient la collaboratrice de plein de gens et ça passe ou ça casse. En 14 ans c'est toujours passé. Je ne peux pas oublier celui qui est peut-être ma plus belle rencontre professionnelle et humaine : Didier Roustand. Fascinant par sa connaissance footballistique et par sa personnalité. A l'annonce de son décès, c'est la seule fois de ma carrière où j'ai pleuré à l'antenne… 

 

La plus mauvaise rencontre radiophonique ?

Une comédienne qui n'avait pas envie d'être là au point de saborder l'interview…

 

Le plus beau souvenir en radio ?

J'en ai plein !... Gamine, je gagne à un jeu sur une radio nationale tout en étant animatrice bénévole sur une radio associative locale. J'ai eu une émotion fabuleuse parce que je gagnais et que je parlais sur cette radio nationale. Mais il n'y pas de souvenir plus fort qu'un autre en étant chaque jour à l'antenne. J'ai l'impression de vivre tous les jours mon rêve de gamine. Il n'y a pas de souvenirs particuliers qui surpassent le fait de pouvoir faire ce métier quotidiennement. J'ai une gratitude fabuleuse pour cela…

 

Le plus mauvais souvenir en radio ?

Apprendre la mort de Didier Roustand en direct… 

 

Quand tu n'es pas à la radio, écoutes-tu la radio ?

Tout le temps même sur mon vélo avec des écouteurs. J'écoute beaucoup de musique mais encore plus la radio. Comme mes parents, j'ai plusieurs postes chez moi. Je zappe beaucoup, j'écoute toutes les radios. J'écoute les copains comme Victor Leclerc ou Clément Lanoue, Camille Combal sur NRJ, RTL, Inter, Radio Nova… je pioche. Et je m'endors avec des podcasts.

 

Quand tu sors de la radio, que fais-tu ?

Je prends mon vélo et je rentre chez moi. Jamais de sieste. Je déjeune si je suis motivée sinon un grand café, je prépare "Culture Médias" et la matinale dans mon cocon. Vers 20h00, je regarde les premières projections météos du lendemain et je finis mes bulletins en arrivant à 5h30 après le point téléphonique avec Météo France.

 

Et dans 5 ans ?

Je serai vieille ! (rires) Je n'ai pas d'ambition en termes de mangement ou de chefferie, je veux continuer à parler dans le micro. Est-ce que j'aurai toujours cette même énergie ? Serai-je toujours dans l'air du temps ? J'ai l'avantage d'être maman donc ma fille me guide sur ce point. Et je n'ai pas d'ambition de télévision ou de cinéma, je veux juste un micro allumé.

  

Remerciements : merci à Anissa Haddadi pour son accueil, sa disponibilité, son sourire et son soutien. Merci à Anissa Ghazi et son équipe du service presse pour l'organisation de ce rendez-vous. Merci à ma maman pour la relecture ! | Photos : Peuleux, Anissa Haddadi, Europe 1, Virgin Radio

 

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dernière mise à jour de cette fiche le 20/05/2026


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