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Enfant de la télévision, Thomas Isle est devenu l'une
des têtes d'affiche d'Europe 1 depuis la rentrée 2023. Après
quelques prestations estivales, il a succédé à Philippe Vandel à
la présentation de "Culture Médias" chaque matin. Rencontre avec
un animateur venu à la radio tardivement mais passionnément...
Au
départ, Thomas Isle est plutôt un enfant de la télévision qui
rêvait de travailler dans le petit écran en regardant l'émission
"Coucou, c'est nous" de Christophe Dechavanne à l'adolescence.
Il y arrive puisqu'après ses études, il entre chez Freemantle
pour y faire du développement, réfléchir à de nouvelles
émissions. Il va d'ailleurs imaginer un concept de dating qui
sera vendu dans une trentaine de pays à travers le monde. Il est
ensuite recruté par Nagui comme directeur du développement puis
comme producteur de "N'oubliez pas les paroles".
Thomas
Isle : Tout en travaillant pour Nagui, je passe de l'autre côté
de la caméra en faisant mes débuts dans "Médias, le magazine"
(France 5) présenté par Thomas Hugues.
Lorsque
France 5 lance un appel à projet pour une émission quotidienne
le midi, Thomas Isle quitte la société de Nagui, s'associe à
Christophe Koszarek pour proposer "La Quotidienne", émission
qu'il présentera en direct avec Maya Lauqué de 2013 à 2021. Et
alors que l'aventure sur France 5 touche à sa fin, Thomas Isle
se dit qu'il doit tenter la radio, une idée qui lui trotte dans
la tête depuis un petit moment. Et c'est Europe 1 qui lui donne
sa chance.
Thomas
Isle : Après un premier été sur Europe 1, j'ai découvert,
contrairement à ce que j'imaginais, que c'était un métier assez
différent de la télé et presque plus agréable à faire : il y a
plus d'improvisation, plus de légèreté et plus souplesse. Et sur
une radio privée comme Europe 1, l'animation est aussi un
exercice particulier avec différents éléments qui rythment
l'antenne les flashes, la publicité… Et c'est assez stimulant de
devoir trouver des séquences courtes mais sympa à proposer aux
auditeurs. A ce moment-là, la radio est devenue une passion.
Peuleux
: Aujourd'hui, tu animes "Culture Médias" avec Anissa Haddadi à
tes côtés mais en fait, vous vous êtes déjà rencontrés à
l'antenne dans la grille d'été.
Thomas
Isle : Europe 1 m'a embauché pour présenter "le Club de l'été"
pendant les vacances de Philippe Vandel. La première année où
j'étais à l'antenne, je devais assurer la présentation de
l'émission pendant le mois d'août prenant le relais d'Hélène
Mannarino qui devait assurer le mois de juillet. Mais Hélène a
eu une autre opportunité et c'est Anissa qui a été choisie pour
présenter "le Club" la première partie des vacances. Nadia
Milosevic qui s'occupait des programmes a eu l'idée que nous
fassions une semaine en commun. Avec Anissa, nous nous sommes
tout de suite bien entendus.
Après plusieurs étés du "Club" (avec de bonnes audiences) et
après avoir remplacé Philippe Vandel à plusieurs reprises
lorsqu'il était malade ou en vacances, Europe 1 lui propose de
reprendre "Culture Médias" à la rentrée 2023.
Thomas Isle : Je me souviens qu'Europe 1 m'a proposé de succéder
à Philippe Vandel fin juin. J'étais fou de joie.
Peuleux : En plus de reprendre l'émission, tu retrouves Anissa
Haddadi qui était meneuse de jeu sur cette tranche.
Thomas Isle : Oui. Et j'avais envie qu'elle prenne plus de place
parce que je la trouve très forte à l'antenne, qu'elle apporte
beaucoup de bonne humeur. Elle est dans un exercice différent du
mien en étant plus en improvisation que moi. Je trouve que la
formule marche bien.
Peuleux : Dans l'émission, il y a un jeu où il faut retrouver
les paroles d'une chanson. Nagui te manque ?
Thomas Isle : J'adore les jeux, j'ai beaucoup travaillé sur des
jeux télévisés, j'ai écrit des concepts de jeux. Et c'est
marrant que tu poses la question ainsi car j'ai écrit la version
duel de "N'oubliez pas les paroles" ! Ce petit jeu que j'ai mis
en place met beaucoup d'énergie et de bonne humeur dans
l'émission, tout le monde participe autour de la table. Je me
suis amusé à créer des jeux pour sortir du fameux blind test. Et
j'ai de bons retours des invités qui sortent de leur promotion
durant cette séquence.
Peuleux
: Tu as parfois dans tes invités des personnes qui sont des
copains dans la vie. Ce n'est pas compliqué comme ce matin avec
Max Boublil ?
Thomas Isle : Anissa a plaisanté en disant que Max était un
copain mais c'était une plaisanterie. On ne se voit qu'à la
radio lorsqu'il est invité, on ne s'est jamais vus ailleurs !
Mais il y a des gens comme lui, Vincent Dedienne ou Maxime
Gasteuil avec qui il se passe quelque chose tout de suite, avec
une bonne humeur, avec du chambrage à l'antenne.
Peuleux : Mais tu reçois quand même régulièrement des copains ou
du moins des gens que tu connais bien comme Mélanie Page il y a
quelques jours. Tu arrives à prendre du recul malgré cette
proximité ?
Thomas Isle : Cela m'arrive régulièrement de croiser des gens
que je connais un peu mieux que la moyenne des invités, je pense
à mes complices de "Tout le monde a son mot à dire" (France 2),
émission à laquelle je participe régulièrement. Mais je fais la
part des choses. D'un autre côté, ça gagne du temps car on a
déjà brisé la glace depuis longtemps. J'essaye de mettre les
invités à l'aise rapidement, je les vois avant qu'ils ne
rentrent dans le studio, je plaisante un peu avec eux car je
sais que certains sont stressés de passer au micro. Ça permet de
commencer à briser la glace un peu avant le direct. L'émission
est bienveillante, je ne cherche pas à faire le buzz, à les
piéger. Je veux qu'ils soient à l'aise pour qu'ils se livrent
plus facilement et que leurs propos passionnent les auditeurs.
Peuleux : Est-ce qu'il y a des invités qui refusent de venir
dans "Culture Médias" à cause de l'image qu'a Europe 1
aujourd'hui ?
Thomas Isle : Probablement mais ils ne me le disent pas ou ils
trouvent de bonnes excuses. Je peux le comprendre mais c'est le
jeu… On essaye d'avoir les meilleurs invités. Si tu regardes
bien, on a une programmation très diverse et je pense que
presque tout le monde vient. En revanche, il peut exister un
certain snobisme avec des gens préférant une émission meilleure
selon eux pour l'image.
Peuleux : L'émission a connu plusieurs changements d'horaires. A
une époque "Culture Médias" était prise en sandwich par les
émissions de Pascal Praud et aujourd'hui elle est entre deux
émissions de débats. En prime, tu as succédé à Philippe Vandel,
animateur connu et reconnu. Comment as-tu trouvé ta place à
l'antenne et dans la grille ?
Thomas Isle : Avec Pascal Praud, nous sommes arrivés en
titulaires dans la grille d'Europe 1 en même temps et à
l'occasion d'une rentrée qui a été marquée par une très bonne
vague d'audiences pour la station, les chiffres ont décollé
nettement pour la première fois depuis 3 ans. De mon côté,
j'avais de bons retours de la direction et des collègues mais à
un moment tu as envie de savoir si les auditeurs sont là ou pas,
or la vérité des chiffres aide beaucoup. Cela porte et aide à
faire sa place.
Peuleux : Et les changements d'horaires ?
Thomas Isle : Ça ne m'a pas posé de problème. Personnellement
cela m'a même permis de déposer ma fille à l'école ! Beaucoup de
radios notamment d'information ont allongé leur matinale, la
demande des auditeurs a évolué. De mon point de vue, l'horaire
actuel est plus porteur pour l'émission. A 10h00, on se dit
qu'on a eu sa dose d'information et nous on arrive pour donner
une autre proposition entre médias et culture. En télévision,
c'est le genre de thématiques qui arrivent à la fin du journal,
nous sommes dans le même ordre d'idée.
Lors
de mon passage à Europe 1, Médiamétrie venait de créditer
"Culture Médias" d'une progression de 16 000 auditeurs pour la
période janvier-mars 2026.
Thomas Isle : En télévision, on a le bulletin de notes tous les
matins vers 9h00 alors qu'en radio c'est tous les 2 ou 3 mois.
Chaque jour, nous travaillons donc au feeling sans savoir si un
invité a plus attiré d'auditeurs qu'un autre. C'est un rythme
particulier qu'il m'a fallu intégrer et apprendre à gérer cette
donnée différemment.
Peuleux : Info ou légende, le passage d'antenne avec Pascal
Praud à 10h00 battrait des records d'audience ?
Thomas Isle : Effectivement, Pascal m'a dit que c'est son pic
d'audiences sur CNews. On ne sait pas en radio. Mais c'est
amusant d'autant que des gens m'en parlent régulièrement. Il y a
même des téléspectateurs de CNews qui pensent que je ne fais que
ça tous les jours : 2 ou 3 minutes de dialogue avec Pascal Praud
alors que j'annonce des invités (rires). En tout cas, ça met une
peu de légèreté dans l'émission de Pascal et j'aime bien ce
moment improvisé et naturel.
Peuleux : Quand tu reçois un invité, as-tu pris le temps de lire
son livre, regarder sa série ou son film ou bien écouter son
disque ?
Thomas Isle : Toujours. J'ai vraiment l'angoisse de me faire
avoir. Je ne veux pas devenir une de ces séquences culte où on
voit un journaliste se mettre en défaut parce qu'il ne sait pas
de quoi il parle ! Les invités me disent souvent qu'ils sentent
que j'ai lu, regardé ou écouté ce qu'ils ont fait, c'est plus
agréable pour eux. Pour moi, c'est du respect et la base du
boulot. C'est un élément qui fait qu'ils reviennent d'ailleurs.
Peuleux : Est-ce que "culture Médias" n'est pas une émission
digne d'être codiffusée à la télévision ?
Thomas Isle : J'y ai souvent pensé. Il faudrait un peu de mise
en forme avec un vrai studio télé. Avec toutes les personnalités
que nous recevons, il y aurait un vrai intérêt à cela.
D'ailleurs, nous sommes très suivis sur le flux vidéo.
Retrouvez Thomas Isle du lundi
au vendredi dans "Culture Médias" de 10h00 à 11h30 sur Europe 1
Coulisses
: Après avoir assisté à l'émission "Culture
Médias" depuis la régie du Studio Coluche, j'ai pu rencontrer
l'équipe de l'émission et interviewer Anissa Haddadi. Thomas
Isle ne pouvant rester pour des impératifs familiaux,
l'interview a été réalisée par téléphone depuis le bureau du
service presse en début d'après-midi.
Ceci explique l'absence de photo avec Thomas Isle en conclusion
de cet article.
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