Peuleux | Le monde de Spirou et Fantasio

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2009 : en route
vers la RNT

 2009 : EN ROUTE VERS LA RNT ?

La RNT, radio numérique terrestre, est une révolution technologique et devrait être une révolution dans la consommation du média Radio... une révolution qui tarde à éclore pleinement...


Logo du Conseil supérieur de l'audiovisuel

 

 

 

 

 

Michel Boyon, président du CSA
de janvier 2007 à juin 2011
(2008 © CSA)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Logo de la DAB
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

François Loos,
ministre délégué à l'Industrie
(avril 2007)

 

 

 

 


Éric Besson, secrétaire d'État
à la prospective, de l'évaluation des politiques publiques et du développement de l'économie numérique auprès du Premier ministre
 (avril 2008 © Le Figaro)

 

 

 

Récepteurs RNT

 

 

 

 

 


Rachid Arhab, membre du CSA
de janvier 2007 à janvier 2013,
en charge de la RNT

 

 

 

 

 


Affiche de promotion de la RNT en Loire-Atlantique en 2012

 

 

 

 

Après la TNT (télévision numérique terrestre) lancée en 2005, la passage de la radio sur la RNT (radio numérique terrestre) semble logique. Et cela d'autant plus que la technologie de la RNT est pleine de promesse : plus de fréquences à retenir, une meilleure qualité de son, des services additionnels en images et en vidéos en parallèle du son (grilles des programmes, informations sur l'artiste, pochette du CD...), plus de stations émises depuis une même antenne et la possibilité de diffuser jusqu'à 300 programmes sur chaque zone d'émission.

Le projet n'est pas encore officiellement lancé que plusieurs débats s'engagent :

A quel rythme faut-il déployer la RNT ? Pour un grand nombre d'opérateurs, il faut que le déploiement de la RNT se fasse en une seule phase contrairement à la TNT qui avance progressivement. Un tel lancement serait possible puisqu'à la différence de la TNT, il n'y a pas besoin de libérer la bande FM pour déployer la RNT. En effet, elle utiliserait la bande III et la bande L (utilisée par Canal+ pour sa diffusion analogique jusqu'en 2011). Cela signifie que la bande FM pourra survivre en parallèle du déploiement de la RNT sans problème. D'un autre côté, un déploiement rapide mettrait la pression sur les auditeurs qui devraient s'équiper de récepteurs compatibles rapidement… Au risque de créer une fracture entre ceux qui pourront et ceux qui n'auront pas les moyens financiers d'investir dans un nouveau poste.

Faut-il conserver la FM en parallèle de la RNT ? Laisser la bande FM survivre permettrait aux petites radios de prendre leur temps pour passer à la RNT mais cette pérennité ne jouerait pas en faveur de la RNT si l'offre n'est pas intéressante de suite. Or il faut que le panel de radios disponibles justifie pour les auditeurs l'achat d'un récepteur compatible au prix encore élevé.

Après plusieurs expérimentations dans les grandes agglomérations françaises selon la technologie DAB (digital audio broadcasting), le monde de la radio (diffuseurs, radios…) est prêt a passé au stade pratique avec un déploiement global. Maintenant c'est au CSA et au Gouvernement de donner l'impulsion décisive.

 

Un départ plein d'espoir…

Le 13 avril 2007, François Loos, ministre délégué à l'industrie, choisit le format T-DMB (terrestrial digital multimedia broadcasting) dérivée du DAB comme norme de diffusion. Toutefois, aucune expérimentation n'ayant été menée en France sur ces bandes, cela signifie que le CSA ne lancera pas d'appel à candidature dans l'immédiat. Cela repousse de fait, les premières autorisations d'émettre à l'automne 2008. Dès le 4 juin 2007, Nantes est la première métropole française à lancer un test de diffusion en numérique. Treize stations participent dont une bonne part de radios locales nantaises. Les tests seront reconduits à plusieurs reprises par le CSA jusqu'au 30 janvier 2012 où la Loire-Atlantique deviendra même département pilote sur la RNT.

Le 26 mars 2008, le CSA lance un appel aux candidatures pour la première phase d'allotissement de la radio numérique terrestre. 19 agglomérations couvrant 30% de la population sont concernées : Angers, Bordeaux, Brest, Clermont-Ferrand, Dijon, Le Mans, Lille, Lyon-Villefranche-Vienne, Marseille-Aix-Aubagne, Metz, Nantes, Nancy, Nice, Paris, Rennes, Rouen, Strasbourg, Toulouse et Tours. Le cahier des charges de la haute autorité prévoit à minima la duplication de l'offre actuelle avec l'autorisation automatique donnée aux radios actuelles de diffuser sur la RNT (comme ce fût le cas pour les chaines de télévision pour la TNT). D'ores et déjà, le CSA inscrit 14 zones pour la phase 2 : Ajaccio, Avignon, Bastia, Caen, Grenoble, Lille, Montpellier, Mulhouse, Orléans, Pau, Reims, Saint-Etienne, Toulon et Valenciennes.

Le 1er octobre 2008, date limite de dépôt des candidatures pour la phase 1, toutes les radios diffusant alors en analogique ont déposées un dossier de candidature. Les grands groupes radios annoncent leurs projets de nouvelles radios : Europe 1 Sport, Europe 1 Tout-info, RTL-L'Equipe, RMC Sport, BFM Bourse... Sur les 377 dossiers que le CSA déclarera recevables, une cinquantaine sont des projets nouveaux.

Mais alors que le calendrier est lancé, la première vague de déploiement de la RNT française s'annonce moins révolutionnaire qu'espéré :

  • Primo : Le CSA exclut la bande AM de son appel à candidature (alors que la norme DRM a été adoptée par le Gouvernement) limitant de fait le nombre de canaux disponibles et donc la possibilité de voir émerger de nouvelles stations une fois les radios existantes servies.

  • Secundo : Les nouveaux projets ne sont finalement pas légion parmi les dossiers reçus par la haute autorité.

  • Tertio : L'appel à candidatures est limité à une vingtaine d'agglomération représentant 30% de la population française métropolitaine.

  • Quarto : La coexistence annoncée de la FM et de la RNT implique des couts pour les opérateurs qui auront une double diffusion à charge.

Le 20 octobre 2008, lors de la présentation du plan numérique 2012, Eric Besson, secrétaire d'État à la prospective, de l'évaluation des politiques publiques et du développement de l'économie annonce l'affectation entière de la bande III à la radio numérique après l'extinction du signal analogique de la télévision. Cette annonce devrait permettre d'accroître le nombre de canaux disponibles à cette échéance.

Le 26 mai 2009, le CSA publie les premiers noms des radios présélectionnées pour émettre en numérique sur trois zones des 19 soumises à l'appel aux candidatures du 26 mars 2008. La haute autorité a retenu 160 radios sur les zones de Paris, Marseille et Nice. Le CSA indique que malgré l'offre FM déjà importantes dans ces trois zones, elles représentent des bassins urbains stratégiques : Paris pour assurer la viabilité économique du projet, Marseille et Nice parce que la bande III sera libérée avec l'arrêt de la diffusion du signal analogique de Canal+ dans ces régions le 25 novembre 2009. Dans les trois zones, les huit stations de Radio France sont retenues d'office ainsi que les radios nationales déjà présentes. Le planning prévisionnel prévoit le début des émissions en numérique fin 2009 et nouvel appel aux candidatures fin 2010 en prévision de l'extension de l'offre numérique suite à l'arrêt de la diffusion de Canal+ le 25 novembre 2009.

 

Le coup de frein…

Le 15 mars 2010, à l'occasion d'une réunion de la Mission de déploiement de la RNT, le Bureau de la Radio, groupement réunissant les intérêts de quatre grands groupes privés, demande un moratoire de 18 mois pour le lancement de la RNT tandis que la quasi-totalité des autres éditeurs appelle de ses vœux le lancement de la RNT.

Le 8 avril 2010, le CSA réuni en assemblée plénière réaffirme "son engagement d'appliquer la loi relative à la RNT dans les meilleurs délais". Toutefois, il considère qu'un engagement fort des pouvoirs publics est une condition indispensable au succès de la RNT et un préalable à la délivrance des autorisations d'émettre.

Dès lors, la RNT va passer au point mort entre ce qui ressemble à un manque d'intérêt des autorités publiques et le lobbying des différents acteurs pour ou contre le projet.

 

Le 27 mai 2010, François Fillon, Premier ministre, confie à David Kessler une mission de réflexion sur l'avenir de la RNT. Dix mois plus tard, le rapport préconise de développer des expérimentations en matière de radio numérique. Le CSA approuve ce point et autorise des expérimentations qui permettent à tous, autorités publiques comme acteurs radiophoniques, de tirer de nombreux enseignements utiles notamment du point de vue technique.

Pendant ces mois de réflexion, plusieurs projets phares de la RNT sont abandonnées ou réduits : Lagardère liquide Europe 1 sport et libère même la fréquence analogique (août 2010), TF1 arrête LCI radio, radio d'information continue, diffusée sur le web et en RNT à Nantes (février 2011) et la webradio RTL-L'Equipe réduit grandement sa grille des programmes.

En mai 2011, Lyon lance une expérimentation de diffusion en numérique avec 22 stations dont la moitié inédite sur la région. En novembre 2011, c'est au tour de Marseille de se lancer dans l'expérience RNT. En attendant le lancement officiel, la métropole phocéenne propose onze stations en écoute. Plusieurs autres villes suivent avec des expérimentations locales : Brest, Sophia Antipolis...

Le 3 novembre 2011, le CSA lance un premier appel à candidature pour la diffusion de radios numériques terrestres. Les candidats retenus s'engageront sur une couverture minimum de la population : 20% de la population métropolitaine desservi en 2016 sur au moins trois régions administratives, 40% sur au moins onze régions en 2017 et au minimum 60% dans onze régions minimum en 2019. Les autorisations sont assorties d'une obligation de reprise des radios actuellement autorisés en analogique dans la même zone géographique qui en feront la demande "dans la limite de la disponibilité des ressources radioélectriques". Le 23 octobre 2012, le Conseil décidera de sélectionner "à titre de mesure préparatoire" la candidature de la société Onde numérique et validera finalement ce choix le 15 janvier 2013.

Fin 2011, le SIRTI dépose un recours en référé au Conseil d'État contre ce qu'il considère comme "une décision implicite de rejet de sa demande de délivrance des autorisations aux éditeurs sélectionnés " sur Marseille, Nice et Paris. En effet, le CSA n'a certes pas mené jusqu'au bout l'appel à candidatures mais il ne l'a pas non plus annulé. La haute autorité propose alors de rouvrir le délai de dépôt des candidatures en vue de permettre la délivrance des autorisations tout en prenant compte de l'évolution du paysage radiophonique.

Le 19 décembre 2011, le CSA demande au Gouvernement d'ajouter le DAB+ aux normes déjà prévues pour la diffusion de la RNT par l'arrêté du 3 janvier 2008. La norme DAB+ permet de diffuser plus de radios par multiplex donc de réduire le coût de diffusion pour chaque station. En outre, son développement important dans d'autres pays voisins facilitera l'accès du public à des récepteurs meilleur marché. Après consultation des professionnels, les ministères de la Culture et de l'Industrie donnent un avis favorable à la demande du CSA.

 

Un redémarrage contre vents et lobbies

Au printemps 2012, suivant sa réponse au Conseil d'État, le CSA franchit un pas qualifié selon les orateurs de "courageux", "audacieux", "signal fort" et "démontrant son indépendance". En effet, sous l'impulsion de Rachid Arhab, le CSA passe outre l'opposition de grands groupes privés nationaux avec deux décisions majeures :

   - d'une part, la haute autorité annonce qu'elle va signer les conventions attribuées sur Paris, Marseille et Nice suite à l'appel à candidatures de 2009. Les stations ainsi retenues pourront émettre dès 2012 ;

   - d'autre part, le CSA annonce qu'il lancera un second appel à candidatures sur les 20 plus grandes agglomérations métropolitaines couvrant ainsi un peu moins de 50% de la population hexagonale.

Et pour se faire, il reporte la date limite de dépôt des candidatures de l'appel lancé le 26 mars 2008 au 31 mai 2012. Cette décision permet l'actualisation des dossiers déposés en 2008 mais aussi le dépôt de nouveaux dossiers. Les candidats ont la possibilité d'actualiser ou de retirer leur candidature. A défaut, les candidatures déposées restent valables.

 

Le 31 mai 2012, coup de tonnerre, les stations membres du Bureau de la radio annoncent qu'elles retirent leurs candidatures à l'attribution de fréquences sur la RNT.  Par ailleurs, confrontées à des restrictions budgétaires, les stations publiques de Radio France sont toujours incertaines sur la RNT. Radio Classique et sa déclinaison Intégrale Classique se retirent aussi.

Mais au final, le CSA comptera 177 dossiers dont 38 nouveaux. Parmi les dossiers validés, seulement 3 réseaux nationaux (MFM Radio, Radio Classique et Skyrock), 3 réseaux multi villes (Ouï FM, Radio FG et Radio Nova) et le célèbre bouquet de webradios Goom. Dans le même temps, le CSA indique ne pas avoir lancé comme prévu les appels à candidatures sur Mulhouse et Strasbourg car il est en attente du positionnement du nouveau Gouvernement sur l'avenir de la RNT française. Le CSA est soutenu par plusieurs réseaux nationaux et multi villes ainsi que par les radios associatives et le SIRTI.

Le 6 septembre 2012, devant la situation économique actuelle, le Gouvernement français décide de ne pas préempter de fréquences pour les chaînes de Radio France et RFI à Paris, Marseille et Nice. Toutefois, comme la législation lui permet à tout moment de le faire, il indique aussi se réserver de la faire plus tard. Le Gouvernement annonce aussi que la norme DAB+ sera prochainement autorisée en France et qu'une réflexion va être engagée sur la couverture radiophonique du territoire.

Le 20 juin 2014, après de nombreuses valses-hésitations, la RNT est lancée en France à Marseille, Paris et Nice. Le lancement se fait sans tambour ni trompette... sans communication ni cérémonie quelconque en présence du CSA contrairement au lancement de la TNT.

Mi-juin 2015, le CSA envisage de lancer rapidement un appel à candidature sur les zones de Nantes, Lyon, Lille et Strasbourg. Le Conseil souhaite aussi ajouter plusieurs zones comme Béthune-Douai-Lens, Valenciennes, Mulhouse, Metz, Nancy, Bayonne, Le Havre, Bordeaux, Toulouse, Rennes, Clermont-Ferrand, Montpellier, Rouen, Grenoble, Brest et Toulon. Le CSA, comme le prévoit la loi, lance aussi une consultation publique préalable à l’attribution de droits d’usage de la ressource sur le territoire métropolitain.

 

A suivre...

Pour aller plus loin...


Europe 1 Sport

LCI Radio


Lexique radiophonique

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dernière mise à jour de la page : 23/06/2015